Après
quatre mois de navette parlementaire, les sénateurs ont
définitivement entériné hier, par 183 voix pour et 42 contre, la loi
sur les organismes génétiquement modifiés (OGM), adoptée mardi
dernier par les députés (cf.
Synthèse de presse du 21/05/08).
Issu du
Grenelle de l'environnement, rappelons que ce texte vise à clarifier
les conditions de mise en culture de plantes transgéniques et leur
coexistence avec les cultures traditionnelles. Reprenant
l'amendement du député communiste André Chassaigne, l'article
premier stipule ainsi que les OGM doivent être cultivés "dans le
respect des structures agricoles, des écosystèmes locaux et des
filières de production et commerciales sans OGM". Reste que le "sans
OGM" n'est pas défini avec précision. La loi instaure par
ailleurs un "délit de fauchage", prévoit d'indemniser les
agriculteurs qui seraient contaminés par les OGM et de recenser et
rendre publiques les parcelles OGM cultivées sur le territoire.
Mais "l'épopée
législative houleuse" du texte sur les OGM ne devrait pas
s'arrêter là puisque la gauche a déjà annoncé qu'elle déposerait,
dans les prochains jours, un recours auprès du Conseil
constitutionnel : sur la forme, elle dénonce un "passage en force"
et, sur le fond, elle invoque le "principe de précaution".