Les
cellules souches de sang de cordon ont un potentiel médical
considérable. Elles sont utilisées de façon croissante en remplacement
des greffes de moelle osseuse dans le traitement de certaines maladies
du sang ou dans certaines affections du système immunitaire. Elles
servent aussi à soigner des maladies touchant la moelle osseuse ou le
système nerveux central. Enfin elles permettent de corriger des
dérèglements du métabolisme.
Ces cellules
sont facilement accessibles et sont particulièrement souples en matière
de compatibilité immunitaire.
Le consortium
Novussanguis, créé par la Fondation Jérôme Lejeune et l'université de
Newcastle, a pour vocation de fédérer et financer la recherche sur ces
cellules et de rapprocher recherche fondamentale et recherche clinique. Son objectif est d'aider les laboratoires membres à
communiquer entre eux et avec l'extérieur. 14 laboratoires,
principalement européens, en sont aujourd'hui membres. Novussanguis va
financer 8 projets de recherche pour un budget de 3 millions d'euros
(cf. Synthèse de presse du 13/05/08) .
Novussanguis
souhaite aussi harmoniser les méthodes et les protocoles au niveau
européen et international pour intégrer la médecine régénérative dans la
pratique médicale. Le consortium envisage déjà de conclure des accords
avec des industriels.
Malheureusement,
les quantités de cellules souches de sang de cordon sont aujourd'hui
limitées. Malgré 130 millions de naissances enregistrées chaque année
dans le monde, plus de 99% des échantillons de sang sont détruits,
notamment parce qu'il n'existe pas de réseaux pour les collecter.
L'un des
problèmes majeurs est le financement de la conservation dans des
banques. Il existe deux types de banques : les banques publiques et les
banques privées. Dans les banques publiques, les parents donnent le
cordon de leur enfant. Les cellules souches issues de ce sang de cordon
sont conservées de façon anonyme et serviront pour soigner n'importe
quel patient compatible sur le plan immunitaire, dans le cadre d'une
greffe dite hétérologue. Dans les banques privées, le stockage est
financé par la famille pour son propre usage dans le cadre d'une greffe
dite autologue.
Il existe
aujourd'hui dans le monde 134 banques privées et 54 publiques. A
l'inverse 24% des greffons sont utilisés pour des greffes
intrafamiliales et 76% pour des greffes allogéniques. Financer les
banques publiques par des établissements privés semble donc la solution.
En Angleterre, la banque de sang Virgin Health Bank divise chaque
échantillon en 2 parties : 20% à usage privé et 80% à usage public. La
conservation de l'échantillon est financé par le déposant. Mais la
banque peine à trouver de nombreux clients en raison des banques 100%
privées. Une autre possibilité serait de créer une banque privée qui
caractériserait ses échantillons et les rendrait publiques de façon à ce
que les greffons puissent être réquisitionnés en cas de besoin contre
remboursement des parents. L'Espagne vient de se doter d'un modèle de ce
type.
En France, sur
les 335 greffes de sang de cordon réalisées en 2007, seules 119 ont pu
l'être grâce à des greffons français, les 216 autres ayant dû être
importés au prix unitaire de 18 000 euros.