Depuis
lundi, la Chambre des communes examine un nouveau projet de loi sur la
fertilisation et l'embryologie humaines (cf.
Synthèse de presse du 20/05/08).
Les députés britanniques ont voté essentiellement sur les 4 points
suivants:
Premier point : l'avortement.
La législation britannique autorise l'avortement jusqu'à la 24ème
semaine de grossesse. Les députés britanniques ont voté mardi soir
contre un raccourcissement du délai légal de 24 semaines. Le Premier
ministre, Gordon Brown, s'était déclaré opposé à une modification de la
loi sur ce point.
Deuxième point : le rôle du
père dans l'insémination artificielle. Les députés ont voté, par 290
voix contre 222, pour que l'inscription du
nom du père sur les documents de demande
d'insémination et sur les registres d'état civil ne soit plus
obligatoire. Jusqu'à aujourd'hui,
les cliniques jugeaient nécessaire d'avoir un père et une mère pour
faire une fécondation in vitro. Le ministre de la Santé, Dawn
Primarolo, a insisté sur le fait que cette législation "concernera
toutes les personnes qui cherchent un traitement, qu'elles soient du
même sexe, femme seule ou couple hétérosexuel".
Troisième point : la sélection
des embryons. Le Parlement a autorisé les parents d'enfants souffrant de
maladies graves à sélectionner les embryons qui pourront servir de
donneurs pour sauver leur frère ou leur soeur malade.
Quatrième point : la recherche
sur les embryons hybrides humains-animaux. Les députés ont approuvé,
lundi 19 mai au soir, l'utilisation d'embryons hybrides, issus de
l'intégration d'ADN humain dans des ovules d'animaux. Ces embryons sont
conçus à des fins scientifiques et doivent être détruits au bout de 14
jours de développement. Il est interdit de les réimplanter.
L'Eglise catholique et des
députés de l'opposition conservatrice ont dénoncé une "expérience à
la Frankenstein". L'évêque catholique d'Edimbourg, Keith O'Brien,
parle "d'une attaque monstrueuse contre les droits de l'homme et la
dignité humaine". Monseigneur Elio Sgreccia, Président de l'Académie
Pontificale pour la Vie, a déclaré que cette mesure est particulièrement
grave sur le plan éthique parce qu'"elle constitue une offense à la
dignité de l'homme. C'est une atteinte à la fertilisation entre les
espèces, qui jusqu'à maintenant a été interdite par les lois sur la
fécondation artificielle".