Depuis
hier, la Chambre des communes examine, "dans un climat passionné et
tendu", un nouveau projet de loi sur la fertilisation et
l'embryologie humaines. La Croix revient sur les quatre points
qui créent le plus la polémique, et ce au sein même du parti (à tel
point que le premier ministre Gordon Brown a accepté de ne pas donner de
consignes de vote aux députés).
Le premier
point concerne l'avortement. La législation britannique - la plus
permissive d'Europe - actuellement en vigueur autorise l'avortement
jusqu'à la 24ème semaine de
grossesse. Plusieurs parlementaires ont déposé des amendements pour
réduire ce délai, arguant que, grâce aux progrès de la médecine, les
prématurés nés à 24 semaines ont désormais de bonnes chances de survie.
Ce que montre une étude de l'université de Leicester selon laquelle 31%
des prématurés nés à 24 semaines ont survécu entre 2000 et 2005 alors
qu'ils étaient 17% entre 1994 et 1999.
Le deuxième
point concerne le rôle du père en cas d'insémination artificielle.
Jusqu'à aujourd'hui, le nom du père doit obligatoirement figurer sur les
documents de demande d'insémination puis sur les registres d'état civil.
Le texte discuté autoriserait les mères célibataires ou les couples de
femmes homosexuelles à remplacer le nom du père par l'inscription, non
obligatoire, d'un autre parent, qui pourrait être une femme.
Le troisième
point concerne la sélection des embryons. Encore interdite la sélection
des embryons selon leur sexe pourrait néanmoins être permise à condition
qu'il s'agisse d'un nouveau-né destiné à soigner un frère ou une sœur. "Cela
signifie que l'enfant n'est pas créé pour lui-même, mais pour fournir
une guérison", s'indigne Joséphine Quintervalle, membre de
l'association Comments on Reproductive Ethics.
Enfin, le
quatrième point concerne la recherche sur les embryons hybrides
humains-animaux. Bien qu'elles soient déjà autorisées par la
Human Fertilisation and Embryology
Authority (HFEA) et que deux laboratoires disposent d'un brevet pour
mener ces recherches, le gouvernement entend légiférer sur cette
question pour légaliser cette recherche. En même temps, bien sûr, il
propose d'encadrer cette recherche : les chercheurs devront avoir une
licence, les embryons ne pourront pas être inséminés et devront être
détruits au bout de 14 jours. Ces chimères, créées à partir d'ADN
extrait d'une cellule souche embryonnaire humaine et introduit dans une
cellule de vache par exemple, serviraient à produire des lignées de
cellules souches humaines sans avoir à recourir à des ovocytes humains.
Cette
disposition divise les députés, notamment parce
qu'"il existe des alternatives à la
recherche sur les cellules souches des embryons", comme les cellules
souches adultes ou issues de sang de cordon ombilical.
Par ailleurs,
les présidents des conférences épiscopales d'Angleterre et du Pays de
Galles, d'Ecosse et d'Irlande ont annoncé samedi dernier financé à
hauteur de 25 000£ la recherche sur les cellules souches adultes,
considérant que celles-ci ont un vrai potentiel thérapeutique sans poser
de problèmes éthiques. Les 25 000£ seront versées à Novussanguis,
consortium international de recherche sur les cellules souches issues de
sang de cordon et adultes créé par la Fondation Jérôme Lejeune et le
Centre de recherche sur le sang de cordon de l'Université de Newcastle
(cf.
Synthèse de presse du 15/05/08).