Selon
le journal britannique le Sunday Times, des scientifiques
américains sont parvenus à créer un embryon humain génétiquement
modifié. Il n'a cependant pas été transplanté dans un utérus et a été
détruit après 5 jours de développement in vitro.
Ce travail,
mené par les chercheurs de l'université Cornell de New York, avait déjà
fait l'objet d'une publication dans la revue spécialisée Fertility
and Sterility. L'équipe, dirigée par Nikica Zaninovic a eu recours
aux techniques de la thérapie génique. Cette expérience a été conçue sur
un embryon initialement créé dans le cadre d'un programme de procréation
médicalement assistée. Les chercheurs auraient réussi à intégrer au sein
du génome de cet embryon, un gène dirigeant la synthèse d'une protéine
aux propriétés fluorescentes.
On pourrait
imaginer que le même procédé pourrait être utilisé pour modifier
artificiellement le génome des cellules sexuelles, masculine ou
féminine, avant de procéder à une fécondation in vitro.
Pour certains
chercheurs américains, seuls de tels protocoles expérimentaux sont de
nature à faire progresser la biologie humaine fondamentale et la
compréhension des affections d'origine génétique. D'autres observateurs
dénoncent le danger que représente ce type de travaux. Ils craignent que
cette technique ne serve à modifier, à des fins non thérapeutiques, les
performances d'un organisme humain.
En
Grande-Bretagne, la Human Fertilisation and Embryology Authority (HFEA)
s'est saisie de la question et refuse pour l'instant d'autoriser la
modification génétique des cellules sexuelles humaines. En France,
l'agence de la biomédecine ne s'est pas encore prononcée sur cette
question.