Les
députés devraient voter, aujourd'hui ou demain, en dernier lecture, le
projet de loi sur les organismes génétiquement modifiés (OGM). Le texte
présenté à l'Assemblée nationale sera conforme à celui adopté par les
sénateurs le 16 avril dernier (cf.
Synthèse de presse du 18/04/08).
La question
non-tranchée du "sans OGM" pourrait toutefois relancer le débat dans
l'hémicycle, l'actuel projet de loi n'en donnant pas de définition
précise. Pourtant, le texte reconnaît "la liberté de consommer et de
produire avec ou sans organisme génétiquement modifié" et le fait
que les cultures d'OGM doivent respecter "des filières de production
et commerciales qualifiées "sans organismes génétiquement
modifiés"". Les sénateurs avaient eux renvoyé à plus tard la définition
du "sans OGM". Précisons que la Commission européenne n'a elle non plus
jamais défini le "sans OGM" ; seul l'étiquetage des produits contenant
au moins 0.9% d'OGM est obligatoire.
Ce texte, en
plus de transposer dans le droit français deux directives européennes de
2001, pose un cadre juridique relatif à la culture de plantes
transgéniques : procédure d'autorisation, droits et obligations des
agriculteurs, création d'un délit de "fauchage volontaire", information
et transparence... Néanmoins, les anti-OGM dénoncent un texte trop peu
protecteur des cultures traditionnelles et biologiques.
Par ailleurs,
signalons l'initiative du maire de Millau, Guy Durand, qui a mis en
délibération un arrêté qui interdit, au nom du principe de précaution,
la culture d'OGM dans sa commune. Docteur en droit public, il s'attend à
ce que son arrêté soit attaqué mais sait aussi que, de cette attaque,
découlera une jurisprudence.
Ajoutons enfin
que, jeudi dernier, la Commission européenne a reporté à une date,
encore inconnue, la mise en culture de deux maïs (le Bt11 et 1 507) et
d'une pomme de terre (Amflora) transgéniques. La Commission - qui
étudiait pour la première fois depuis 1998 des demandes d'autorisation
de culture OGM - a demandé à l'Autorité européenne de sécurité des
aliments (EFSA) de réexaminer les avis, favorables, qu'elle a déjà
rendus sur ces trois OGM.