Dans
Liberté Politique, Roland Hureaux revient sur la question de
l’euthanasie. Abordant cette problématique sous un angle nouveau, il va
au-delà de l’argument du "tu ne tueras point", précepte auquel le
droit a, dans l’histoire de l’Occident, déjà admis des exceptions.
"Toute
la noblesse de la condition humaine historique n’est-elle pas dans ce
combat sans espoir contre la mort ?" Emmitouflées dans leur confort,
nos société contemporaines ont, pour certaines, oublié que la vie est
une lutte de chaque instant contre la mort. Certes nous sommes tous des
"morts en sursis", mais cela n’a jamais empêché l’espèce humaine
de combattre.
Ce
combat contre la mort a bien sûr son lot de souffrances, mais "pourquoi
ce combat ne se prolongerait-il pas dans un ultime affrontement contre
la mort ?", "combattre jusqu’au bout, n’est-ce-pas en définitive
cela, "mourir dans la dignité" ?". Avant nous, d’autres
civilisations ont tenté de ne pas livrer cette ultime bataille, laissant
ainsi le champ libre au suicide auquel nombre de romains, par exemple,
recoururent.
Pour
autant cet héroïsme ne bannit pas certaines souffrances qui résistent
encore et toujours à la technicité médicale. Et, parce qu’elle a
beaucoup fait pour atténuer ces souffrances, notre société peut d’autant
moins supporter celles qui résistent encore et toujours.
Face
à celles-ci, plus que la compassion, il faut faire preuve de respect,
respect de la vie et surtout respect de cette "éminente dignité qui
est le propre de l’homme, le droit pour chacun (…) de mener
jusqu’au bout le combat qui fait la grandeur de leur destinée", "éventuellement
contre lui-même, contre les demandes que le désespoir ou des souffrances
trop aiguës pourraient le conduire à formuler".
Roland
Hureaux plaide enfin pour qu’on ne touche pas à la loi Leonetti, en
vigueur aujourd’hui, qui a refusé l’euthanasie tout en mettant un frein
à l’acharnement thérapeutique, et ce d’autant plus qu’introduire une
"exception d’euthanasie" ne permettra jamais d’éviter les abus…