Elizabeth
Montfort, ancien député européen, administrateur de la Fondation de
Service politique et présidente de l'Alliance pour un nouveau féminisme
européen revient sur la question des mères porteuses : elle
souligne que "la maternité de substitution pourrait s'articuler
autour de 5 acteurs : la mère génétique, la mère porteuse, la mère
intentionnelle, le père génétique et le père intentionnel, c'est à dire
la maternité éclatée".
Elle estime que le fait que la
mère porteuse puisse refuser de donner "son" enfant pose 2 problèmes :
" la mère porteuse est-elle "propriétaire" de l'enfant si l'ovocyte
ne vient pas d'elle ? et quelle suite à donner à la rupture du contrat
entre la mère porteuse et les parents intentionnels ?". Elle
s'interroge aussi sur ce que deviendrait un enfant né avec un grave
handicap.
Elle souligne que la gestation
pour autrui (GPA) introduit une nouvelle notion, celle de la
"parentalité intentionnelle" et banalise la grossesse et le corps de la
femme. Elle rappelle que de récentes découvertes ont prouvé les liens
indélébiles qui se créent dès la conception de l'enfant et s'inquiète
d'un potentiel trafic de ventre.
"Une femme enceinte ne l'est
pas seulement dans son corps, mais dans tout son être. La gestation pour
autrui est inacceptable en ce sens qu'elle déconstruit l'unité de la
femme", explique-t-elle.
Enfin, Elizabeth Montfort
estime qu'"il n'est pas possible de satisfaire son désir d'enfant par
des procédés contraires à l'intérêt de l'enfant". La Convention de
l'ONU sur les droits de l'enfant de 1989,"rappelle et réaffirme le
droit de l'enfant de vivre dans sa famille et son droit de connaitre ses
origines, droit constitutif de l'être humain et vital pour son
développement". Il rappelle aussi qu'il faut tout faire pour éviter
à une femme d'abandonner son enfant.