Secrétaire
d'Etat à la Famille, Nadine Morano revient sur la proposition, présentée
mercredi dernier par une commission sénatoriale, visant à autoriser la
pratique des mères porteuses en France (cf.
Synthèse de presse du 26/06/08). Proposition qu'elle se dit prête à
porter.
Nadine Morano
répète qu'elle est favorable à l'encadrement légal de cette pratique
qu'elle considère comme un "geste d'amour". D'après elle, il n'y
aucun risque de marchandisation du corps puisqu'aucune rémunération
n'est envisagée (seulement un "dédommagement raisonnable"). "C'est
au contraire dans les pays où il n'y a pas de légalisation que le
commerce du corps se développe. (...) En proposant un cadre légal et en
définissant des conditions, c'est ainsi qu'on évite les dérives",
poursuit-elle.
Elle se dit
d'accord avec l'ensemble des conditions posées par le rapport du Sénat :
la mère porteuse ne devrait pas être la mère biologique et devrait avoir
eu un enfant au moins auparavant ; le couple demandeur devrait être
stable avec un vrai projet parental ; il faudrait un agrément préalable
de l'Agence de la Biomédecine ainsi que l'accord d'un juge. En revanche,
Nadine Morano est contre le droit au repentir proposé par le Sénat,
selon lequel la mère porteuse disposerait de trois jours après la
naissance pour se rétracter et décider de garder l'enfant. Elle plaide
aussi pour qu'une mère puisse porter l'enfant de sa fille, possibilité
écartée par la commission.
Selon la
secrétaire d'Etat à la Famille, on peut facilement être enceinte sans se
sentir mère. Elle ajoute qu'elle n'est pas favorable à ce que la
gestation pour autrui soit accessible aux couples homosexuels, parce que
"l'opinion n'est pas prête". Enfin, elle précise qu'elle est pour
l'insémination artificielle pour les lesbiennes, "quand il y a un
vrai projet parental et une stabilité du couple".
Invitée hier de
l'émission "Face aux chrétiens" sur Radio Notre-Dame, Nadine Morano a, à
la question "n'y a-t-il pas une tentation, pour le législateur, de
courir après l'opinion ? Son rôle n'est-il pas, au contraire, de poser
un certain nombre de fondamentaux ?", répondu : "dans ce cas,
nous n'avancerions jamais !"...
Interrogée sur
la question de l'euthanasie, elle s'est montrée plutôt opposée à
l'instauration d'une commission nationale d'exception d'euthanasie
qu'elle soutenait auparavant.
Libération
consacre aujourd'hui son courrier des lecteurs aux mères porteuses.
Nombreux sont ceux qui s'élèvent contre une hypothétique légalisation :
les uns au nom de la commercialisation qui sera faite du corps des
femmes et des bébés et de la discrimination qu'engendrera cette pratique
accessible à ceux qui en auront les moyens financiers et les autres
parce que "dire que le bébé n'a rien à voir avec la gestatrice,
qu'elle ne peut pas s'attacher parce que ce n'est pas un embryon issu de
ses gènes, c'est nier la grossesse et son importance pour la
construction de l'enfant".