Vice-président
de l'association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) - qui
milite depuis trente ans en France pour la légalisation d'une "aide
active à mourir" - et avocat de Chantal Sébire, Gilles Antonowicz vient
d'annoncer sa démission de l'ADMD. "Je ne suis plus comptable des
discours, positions ou actions que les actuels responsables de cette
association pourraient désormais tenir, prendre ou entreprendre",
a-t-il déclaré.
Cette nouvelle
démission intervient trois semaines après celle du secrétaire général,
Henri Chamaret, et alors que le parquet de Dijon vient d'ouvrir une
enquête préliminaire dans l'affaire Sébire pour "provocation au
suicide".
Gilles
Antonowicz justifie son départ par des désaccords de fond. Deux courants
s'opposent au sein de l'ADMD : le premier, dans lequel s'inscrit
l'ancien vice-président, revendique un "droit" à l'euthanasie pour les
malades en fin de vie, "lorsqu'il n'y a plus d'espoirs thérapeutiques"
alors que le second milite pour le suicide assisté, c'est-à-dire le
"droit" de choisir sa mort à n'importe quel moment et quel que soit son
état de santé. Président de l'ADMD, Jean-Luc Romero évoque lui "des
divergences de nature financière" pour expliquer le départ de Gilles
Antonowicz.
Selon
l'hebdomadaire La Vie, cette nouvelle crise interne révèle "une
ambiguïté originelle" entre militants de l'euthanasie et ceux du
suicide assisté. "Notre position est claire, nous sommes à la fois
pour l'euthanasie et pour le suicide assisté, mais pas à n'importe quel
âge, ni dans n'importe quelle condition", tente d'expliquer Jean-Luc
Romero.
En 2007 déjà,
de vifs débats avaient divisé l'ADMD : lors de la rédaction d'une
proposition de loi, laquelle devait être au départ limitée aux malades
incurables et avait été finalement élargie à toute personne "placée
dans un état de dépendance qu'elle estime incompatible avec sa dignité".
Le sénateur Henri Cavaillet, jugeant ces termes encore "trop timides",
avait démissionné. "Il faut dire qu'au même moment, l'une de ses
proches collaboratrices avait reconnu avoir détourné 75 000
€", ajoute La Vie.
Récemment, une
autre polémique est née à propos de l'association suisse Dignitas : des
militants se sont émus des pratiques suisses rapportées dans la presse
comme le recours à l'étouffement avec un sac plastique rempli d'hélium
afin d'éviter les prescriptions médicales. A ce sujet, Jean-Luc Romero
indique qu'il se rendra en Suisse le 18 juillet prochain "afin de
remercier le directeur de Dignitas, qui a toujours pris en charge nos
adhérents avec beaucoup d'attention, et pour éclaircir certains détails
de la procédure, notamment les modalités de décès et le coût évalué de
la prestation".
Le 31 octobre
prochain, l'ADMD recevra, pour la première fois en France, le congrès
mondial des associations pour le droit de mourir dans la dignité.