Le
Sénat, l'Académie nationale de médecine, le Comité consultatif national
d'éthique (CCNE) et la Cour de cassation doivent bientôt remettre leurs
conclusions sur la question des mères porteuses
(cf Synthèse de presse du 26/05/08). François Fillon a également
demandé au Conseil d'Etat de s'interroger sur la légalisation"dans certaines conditions
exceptionnelles" de la gestation pour autrui.
Certains, en revanche, craignent une
dérive de cette pratique. "Il y a des risques de dérives, un recours à
la gestation pour autrui de "confort". Certaines femmes pourraient
vouloir faire porter leur enfant pour des motifs professionnels ou
esthétiques", explique Jean-Sébastien Vialatte, député UMP du Var. De son
côté, le député socialiste, Alain Claeys, évoque le risque de
"marchandisation du corps" et la difficulté pour la
mère porteuse "de donner son enfant".
"Il ne faut pas légiférer pour
s'aligner sur nos voisins. Cela reviendrait à s'aligner sur le
moins-disant éthique", prévient de son côté le Pr Jean-Claude Ameisen,
membre du Comité consultatif national d'éthique. Il envisage "une
exception à l'interdiction plutôt que la légalisation". Philippe
Bas, ancien ministre de la Famille, rappelle que "l'indisponibilité du
corps humain n'est pas remise en question. Une possible évolution ne
pourrait se faire qu'avec beaucoup de précaution".
Enfin, dans le magazine Pèlerin,
la psychanalyste Geneviève Delaisi de Perseval plaide pour une
légalisation de cette pratique. "C'est une
question de justice envers certaines femmes" explique-t-elle.
Quant au Pr Marie-Odile Rethoré, membre de l'Académie nationale de
médecine et directeur médical de l'Institut Jérôme Lejeune, elle a
rappelé que la gestation pour autrui "est un marché". Et de
conclure : "encadrer ce marché n'est pas une solution à mes yeux".