La
commission Leonetti, mise en place en avril dernier pour évaluer la loi
sur la fin de vie, est revenue pour la première fois sur le cas de
Chantal Sébire*. Elle a auditionné le docteur Daniel Brasnu, chef de
service ORL à l'hôpital Georges Pompidou, qui avait été consulté par le
chef de l'Etat au moment de l'affaire.
Ce dernier a
rappelé que Chantal Sébire avait refusé un traitement qui offrait de 60
à 70% de chances de réussite. Il s'est prononcé contre toute forme
législative qui dépénaliserait l'assistance au suicide ou introduirait
une exception d'euthanasie. "J'ai très peur des dérives", a-t-il
expliqué en citant l'exemple des Pays Bas. Il estime que la loi actuelle
permet de traiter l'immense majorité des situations. "Il ne faut pas
légiférer pour des cas exceptionnels", a-t-il précisé.
Même conclusion
de la part de Delphine Mitanchez, néonatalogiste à l'hôpital Armand
Trousseau qui s'occupe des grands prématurés. "La loi de 2005 définit
de grands principes. Mais il ne semble pas possible d'aller plus loin.
Au delà, il faut traiter au cas par cas", a-t-elle expliqué.
Les deux
médecins ont souligné les progrès parcourus dans la prise en
compte des patients et des familles. En revanche, ils déplorent que la
loi sur la fin de vie soit encore peu connue dans le monde hospitalier.
Les auditions
de la loi Leonetti reprendront en septembre et s'achèveront mi-octobre.
*Agée
de 52 ans et atteinte d'une tumeur incurable, Chantal Sébire avait
demandé à la justice, mercredi 12 mars, la possibilité de "bénéficier
d’un suicide médicalement assisté" (cf.
Synthèse de presse du 13/03/08). Sa demande avait été refusée par le
tribunal de grande instance de Dijon le 17 mars (cf.
Synthèse de presse du 18/03/08). 2 jours plus tard, elle était
retrouvée morte à son domicile, après avoir absorbé un barbiturique (cf.
Synthèse de presse du 20/03/08).