La
Croix revient sur l'annonce
faite par Le Figaro la semaine dernière, annonce concernant la
préparation d'un décret sur les enfants mort-nés
(cf. Synthèse de presse du 07/07/08).
Ce décret
ouvrirait la voie à une forme de reconnaissance sociale pour tous les
enfants mort-né. 5 000 à 6 000 couples sont concernés chaque année.
"Aujourd'hui les parents investissent la grossesse très tôt, le fœtus
est personnalisé, notamment en raison des progrès de l'échographie",
souligne Philippe Gosselin, député UMP de la Manche et co-rédacteur du
décret. "Une fausse couche, une interruption médicale de grossesse
sont vécues comme un deuil. Nous devions prendre en compte la détresse
des familles."
Rappelons que
ce décret s'appuierait sur la notion d'accouchement : "l'idée serait
de délivrer un certificat médical d'accouchement permettant aux parents
d'obtenir un acte d'enfant sans vie".
Il laisse
cependant plusieurs questions en suspens. D'une part la notion
d'accouchement reste vague. Une fausse couche est-elle un accouchement ?
Philippe Gosselin aurait préféré fixer un seuil minimal de 14 semaines
d'aménorrhée pour enregistrer l'enfant à l'Etat civil.
Par ailleurs,
le décret ne dit rien sur la notion de "viabilité". En février
dernier, la Cour de cassation a
autorisé trois familles à inscrire à l'Etat civil leurs bébés mort-nés
(cf. Synthèse de presse du 07/02/08). Depuis c'est le vide
juridique. L'acte d'enfant sans vie et les droits qui lui sont associés
(congé de maternité, paternité, majoration des retraites...) peuvent
être attribués quel que soit le niveau de développement du fœtus ou son
poids.
Pour le
médiateur de la république, Jean-Paul Delevoye, "il faut une
définition claire du seuil de viabilité en France". Philippe
Gosselin suggère de mettre en place la procédure suivante : "de
14 à 22 semaines seraient accordés certains droits pour répondre à la
détresse des familles, comme les obsèques ; au delà, d'autres droits le
seraient."