La
Cour de cassation a estimé, mardi 8 juillet, que la loi anti-Arrêt
Perruche ne remettait pas en cause l’indemnisation des parents d'enfants
nés handicapés avant mars 2002, date d’entrée en vigueur de la loi, même
si les poursuites ont été lancées après cette date.
L’affaire, dont était saisie la Cour, remonte à 1994, année au
cours de laquelle une femme avait donné naissance à des jumeaux dont
l’un était mort-né et l’autre atteint d’une malformation cérébrale
grave. En novembre 2006, la cour d’appel de Rennes avait estimé que le
radiologue aurait dû pratiquer un examen supplémentaire afin d’affiner
le diagnostic et permettre à la mère de demander une interruption
volontaire de grossesse (IVG). Jugé coupable d’avoir fait "perdre au
couple une chance de découvrir le handicap", le radiologue avait été
condamné à verser à sa patiente 320 000 euros. La cour d’appel n’avait
en revanche pas condamné le gynécologue car l’action engagée par les
parents à son encontre remontait à 2003, soit un an après la
promulgation de la loi anti-Arrêt Perruche.
La
Cour de cassation a donc rappelé que la loi de mars 2002 n’était pas
applicable, l’essentiel n’étant pas la date des poursuites, mais celle
de la naissance de l’enfant.
La
cour d’appel de Rennes devra maintenant juger si le gynécologue a commis
une faute et s’il doit lui aussi indemniser la famille. Quant au
radiologue, il pourrait se voir condamné à verser une somme 7 à 8 fois
plus élevée pour l'intégralité du préjudice et non plus uniquement pour
"perte de chance".