Le
Figaro consacre un article aux "progrès spectaculaires du
dépistage" prénatal. Selon le registre des malformations
congénitales de Paris - crée en 1981 pour assurer une surveillance
épidémiologique - le taux de malformations génétiques ou morphologiques
détectées avant la naissance est passé de 16,2% en 1983 à 69,1% en 2005.
Cette augmentation s'explique notamment par les progrès de l'échographie
et du dépistage génétique.
Parallèlement,
le recours à l'interruption médicale de grossesse (IMG) a lui aussi
progressé : en 2005, 35.4% des enfants atteints d'une malformation ont
été avortés contre 8.8% en 1983. Concernant la trisomie 21, le nombre de
cas dépistés in utero chez les femmes de moins de 38 ans est passé de
9.5% en 1983 à 84.5% en 2005. Désormais, 90% des enfants atteints de
trisomie 21 sont dépistés in utero et, "dans la grande
majorité des cas les grossesses sont interrompues". Ajoutons que le
nombre de cas de trisomie 21 a augmenté de 5% en 20 ans, notamment en
raison du recul de l'âge de la maternité.
Les auteurs de
l'étude parue dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire, précisent
qu'"il semble que l'on a déjà atteint dès la fin des années 1990 un
taux de diagnostic prénatal très élevé, qui ne peut plus augmenter
beaucoup, car il reflète la limite des techniques actuelles de dépistage
et aussi le fait que certaines femmes ne veulent pas faire de diagnostic
prénatal".
[NDLR : On ne peut que
déplorer que ces efforts de recherche sur la trisomie 21 soient de
nature eugénique et non thérapeutique. Souvenons nous qu'aujourd'hui 96%
des enfants trisomiques qui sont dépistés sont avortés. On aimerait un
jour lire "les progrès spectaculaires de la recherche thérapeutique
pour les enfants trisomiques".]