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Synthèse de presse bioéthique du
mardi 08/07/08 |
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Les "progrès spectaculaires" du
dépistage prénatal |
Le
Figaro consacre un article aux "progrès spectaculaires du
dépistage" prénatal. Selon le registre des malformations
congénitales de Paris - crée en 1981 pour assurer une surveillance
épidémiologique - le taux de malformations génétiques ou morphologiques
détectées avant la naissance est passé de 16,2% en 1983 à 69,1% en 2005.
Cette augmentation s'explique notamment par les progrès de l'échographie
et du dépistage génétique.
Parallèlement, le recours à
l'interruption médicale de grossesse (IMG) a lui aussi progressé : en
2005, 35.4% des enfants atteints d'une malformation ont été avortés
contre 8.8% en 1983. Concernant la trisomie 21, le nombre de cas
dépistés in utero chez les femmes de moins de 38 ans est passé de 9.5%
en 1983 à 84.5% en 2005. Désormais, 90% des enfants atteints de trisomie
21 sont dépistés in utero et, "dans la grande majorité des cas
les grossesses sont interrompues". Ajoutons que le nombre de cas de
trisomie 21 a augmenté de 5% en 20 ans, notamment en raison du recul de
l'âge de la maternité.
Les auteurs de l'étude parue
dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire, précisent qu'"il
semble que l'on a déjà atteint dès la fin des années 1990 un taux de
diagnostic prénatal très élevé, qui ne peut plus augmenter beaucoup, car
il reflète la limite des techniques actuelles de dépistage et aussi le
fait que certaines femmes ne veulent pas faire de diagnostic prénatal".
[NDLR : On ne peut que déplorer que
ces efforts de recherche sur la trisomie 21 soient de nature eugénique
et non thérapeutique. Souvenons nous qu'aujourd'hui 96% des enfants
trisomiques qui sont dépistés sont avortés. On aimerait un jour lire "les
progrès spectaculaires de la recherche thérapeutique pour les enfants
trisomiques".] |
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Chaque article présenté
dans Gènéthique est une synthèse des articles de bioéthique parus dans
la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les
opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction. |
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Le Figaro (Martine Perez)
08/07/08 |
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mardi 08/07/08 |
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Du déséquilibre démographique en Chine |
Libération
publie une tribune d'Esther Duflo, économiste et professeur au
Massachusetts Institute of Technology et à l'Ecole d'économie de
Paris, à propos de la politique démographique chinoise, véritable "bombe
à retardement, dont les effets commencent juste à se faire sentir".
Mise en place en 1978, la politique de l'enfant unique est actuellement
toujours en vigueur bien qu'elle ait été légèrement assouplie (les
couples constitués de deux enfants uniques et ceux vivant dans une
région rurale et dont le premier enfant est une fille peuvent avoir un
deuxième enfant). Voulue par Deng Xiaoping, cette politique se voulait
un moyen de reprise en main de l'économie.
Mais, dans un pays marqué par une
forte préférence pour les garçons, cette politique de contrôle des
naissances a entraîné un déséquilibre démographique important entre
filles et garçons. Peu à peu ce déséquilibre s'est accentué avec la
généralisation des techniques de détermination du sexe de fœtus ouvrant
la voie à l'avortement sélectif. Ainsi, en 1998, il est né 112 garçons
pour 100 filles contre 102 garçons pour 100 filles en 1978.
Pour Esther Duflo, la
préférence pour les garçons, l'avortement sélectif ainsi que la
mortalité élevée des filles ne sont pas un phénomène exclusivement
chinois et ne sont pas dûs uniquement à la politique de l'enfant unique.
Ainsi retrouve-t-on ce phénomène en Inde, à Taïwan, au Pakistan et dans
certains communautés immigrées aux Etats-Unis. Toutefois, la politique
de l'enfant unique "a accentué ce déséquilibre, en "forçant" les
parents qui voulaient au moins un garçon à éliminer les filles dès la
première naissance".
La Chine "commence à prendre
conscience des conséquences de ce déséquilibre démographique" : les
garçons ont du mal à se marier, ont plus de problèmes comportementaux et
commettent plus de crimes. Une récente étude a ainsi établi un lien
entre politique de l'enfant unique et augmentation du crime : en
comparant le nombre de crimes commis entre 1998 et 2004 dans les régions
où la politique de l'enfant unique était strictement appliquée et dans
celle où les parents pouvaient avoir un deuxième enfant, les
universitaires ont montré que la politique de l'enfant unique expliquait
un septième de l'augmentation du crime. Une autre étude prouve que les
filles nées dans une région où avoir un deuxième enfant était autorisé
vont plus longtemps à l'école. "Loin de se faire concurrence, les
enfants bénéficient d'avoir au moins un frère ou une sœur", souligne
l'auteur.
"Quoi qu'il en soit,
et bien qu'elle soit sur le déclin, la politique de l'enfant unique
continuera de hanter la Chine dans les décennies à venir",
conclut-elle. |
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Libération (Esther Duflo)
08/07/08 |
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Luo Cuifen, piquée 26 fois pour être
éliminée |
Libération
consacre un article à Luo Cuifen, "la femme aux aiguilles".
Aujourd'hui âgée de 30 ans, cette jeune chinoise a, pendant des années,
cru être atteinte d'une maladie grave qui provoquait des douleurs dans
la poitrine, les reins et était à l'origine de la présence de sang dans
son urine. Jusqu'au jour où, en 2004, à l'occasion d'une visite médicale
à Kunming, à des centaines de kilomètres de son village, des
radiographies ont révélé la présence de 26 aiguilles à coudre de 4 à 5
centimètres dans son ventre, son dos, son cou, ses poumons et sa tête.
Elles lui ont été enfoncées alors qu'elle était encore bébé, sans doute
par ses grands-parents avec la complicité de son père.
"La paysanne ignorait
jusqu'ici le secret le mieux gardé dans les campagnes" :
l'élimination des bébés filles. Encore pratiquée aujourd'hui, cette
élimination produira, d'ici à 2020, 30 millions d'hommes célibataires.
En Chine, le ratio homme-femme peut atteindre 140 garçons pour 100
filles. |
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Libération (Florence
Perret) 08/07/08 |
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Détresse mentale et avortements tardifs |
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Le
candidat démocrate à la Maison Blanche et sénateur de l’Illinois, Barack
Obama, a déclaré que "la détresse mentale d’une femme ne justifiait
pas un avortement tardif".
Pour lui,
l’interdiction portant sur l’avortement tardif doit comporter "une
exception stricte et bien définie pour la santé mentale de la mère",
mais, a-t-il ajouté, "je ne pense pas que ‘la détresse mentale’
relève de la santé mentale de la mère". "Je pense qu’il faut que
ce soit un problème physique grave qui survienne pendant la grossesse,
et qui représente des problèmes réels, significatifs pour la mère si
elle porte l’enfant à terme", a-t-il poursuivi. |
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La Presse Canadienne 05/07/08 – Nouvel Obs 04/07/08 |
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Espagne : vers une révision législative de
l’avortement ? |
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Réuni
à Madrid en congrès, le Parti socialiste espagnol, au pouvoir depuis
2004, a annoncé qu’il souhaitait assouplir les conditions relatives à
l’avortement en Espagne.
Vice-présidente
du gouvernement, Maria Teresa Fernandez de la Vega a expliqué que cette
réforme s’inspirerait des "expériences les plus innovatrices des lois
européennes concernant les circonstances et les délais"
d’avortement. Réélu en mars 2008 à la présidence du gouvernement
espagnol et réélu samedi secrétaire général du Parti socialiste, José
Luis Rodriguez Zapatero avait pourtant annoncé qu’il n’engagerait aucune
réforme sur cette question.
Rappelons
qu’en Espagne, l’avortement est dépénalisé, en cas de viols (jusqu’à 12
semaines de grossesse), de malformation du fœtus (jusqu’à 22 semaines)
ou de danger pour la santé physique ou psychique de la mère (sans
limitation de temps) depuis 1985. "Une grande majorité" des
avortements pratiqués l’est au motif du "risque psychologique"
encouru par la mère, ce qui donne lieu à des avortements très tardifs
(jusqu’au huitième mois).
Le Parti
socialiste espagnol devrait aussi prendre "des mesures pour une 'mort
digne'" [NDLR : en faveur de l'euthanasie]. |
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Romandie News 05/07/08 - Les Echos.fr 07/07/08 |
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