Le
Quotidien du Médecin
fait le point sur les différentes activités de l'Agence de la
biomédecine née de la loi de bioéthique de 2004.
Carine Camby, directrice de
l'Agence de la biomédecine rappelle que la loi est seulement là pour
fixer un cadre général. Il y a, selon elle, une véritable demande
d'encadrement de la part de la société : "individuellement, les gens
demandent la possibilité d'avoir accès à ces techniques (diagnostic
préimplantatoire, gestation pour autrui...), et que leur situation
personnelle soit prise en considération. Et, en même temps, sur le plan
général, ils trouvent normal qu'il y ait un encadrement".
Pour Carine Camby, l'anonymat,
la gratuité et le consentement font consensus. Pour elle, ce sont
les 3 principes sur lesquels s'est construit en France le droit de la
bioéthique
Au niveau du don d'organes,
elle rappelle qu'aujourd'hui nous sommes sur une réglementation du
consentement présumé qui n'est pas facile à mettre en œuvre. La
politique actuelle, qui est d'informer les gens sans les obliger à se
positionner, est, selon elle, satisfaisante.
Au niveau de la recherche sur
l'embryon, elle estime que la période probatoire de 5 ans est réussie.
Elle souhaite à présent, "sortir du régime dérogatoire et considérer
que cette recherche est aujourd'hui autorisée en France".
Sur la question de
l'uniformisation de la législation européenne en matière de bioéthique,
elle estime que "ce n'est pas parce qu'on autorise ailleurs, pour
d'autres raisons, que l'on doit autoriser en France".
Enfin, elle rappelle que la
question de l'euthanasie ne fait pas partie de la loi de bioéthique. La
question de la fin de vie a été traitée dans la loi Léonetti,
rappelle-t-elle. Elle explique cependant qu'elle n'est pas opposée à ce
que le champ de la loi de bioéthique soit élargi à de nouveaux domaines
qui seraient apparus depuis 2004.