France
Info recevait, vendredi 18 janvier 2008, Maïté Albagly, secrétaire
générale du Planning familial, le jour du lancement de la nouvelle
campagne en Ile de France : "Sexualité, contraception,
avortement : un droit, mon choix, notre liberté" (cf.
Synthèse de presse du 15/01/08).
Pour
Maïté Albagly, l’avortement et la sexualité demeurent "tabous".
Ces sujets sont, d’après elle, victimes d’une "désinformation" et
restent difficiles d’accès ; bien qu’une femme sur deux soit, au cours
de sa vie, concernée par l’avortement. Pour elle, le chiffre des 220 000
avortements pratiqués chaque année en France "n’est pas énorme",
puisqu’il est un "droit" acquis. "Ce qui est énorme, ce sont
les grossesses non désirées", poursuit-elle.
Maïté
Albagly explique ensuite que les médecins ne veulent plus pratiquer
d’avortements parce qu'il y a un manque de reconnaissance et de
visibilité pour cette profession et parce que le forfait IVG n’a pas été
revalorisé depuis 12 ans. Ce manque de praticiens contraint les femmes
qui veulent avorter à se rendre en Hollande et en Espagne notamment.
Elle ajoute qu’en Espagne l’avortement est, en ce moment,
"diabolisé".
La
campagne "Sexualité, contraception, avortement : un droit, mon choix,
notre liberté" a pour but de "rendre visible" ces pratiques
et de "déculpabiliser" les femmes. Maïté Albagly dit préférer le
terme "avortement" à celui d’ "interruption volontaire de
grossesse" que l’on a, selon elle, employé pour adoucir une réalité
qui n’est pas un meurtre.
Rappelons
que cette campagne est financée par le conseil régional d’Ile de France
à hauteur de 300 000 euros. Pour Francine Bavay, vice-présidente du
conseil régional d’Ile de France, chargée des questions de santé et à
l’origine de cette campagne, cette démarche part d’un constat "de
nécessité et d’urgence" : 50 centres d’avortements auraient fermé
entre 1999 et 2005 et les délais de prise en charge seraient de trois
semaines en moyenne (la Haute Autorité de la santé (HAS) recommandant
cinq jours).
Au
cours de son intervention, Maïté Albagly a d’ailleurs invité les autres
présidents des conseils régionaux à faire preuve du même "courage"
pour initier une telle campagne.
Plusieurs
associations se sont élevées contre cette campagne qui "vend
l’avortement comme un voyagiste ferait une promo pour les vacances de
ski".
Pour
écouter l’intervention de Maïté Albagly sur France Info,
cliquez ici.