René
Frydman, chef de service de la maternité Antoine-Béclère, Muriel Flis-Trèves,
psychiatre et psychanalyste et Sophie Gellman, psychologue, signent une
tribune dans Le Monde intitulée "ne confondons pas l’embryon,
le fœtus et l’enfant", à propos de la décision de la Cour de
cassation permettant à tout fœtus né sans vie d’être déclaré à l’état
civil.
Rappelons qu’avant la
jurisprudence de la plus haute instance juridique française et selon la
circulaire du 30 novembre 2001 basée sur la définition de la viabilité
de l’Organisation mondiale pour la santé (OMS), seuls les enfants
mort-nés de plus de 22 semaines et de plus de 500 grammes pouvaient être
déclarés à l’état civil.
Reconnaissant le nécessaire
travail de deuil pour les parents après la mort de leur "fœtus"
et admettant que l’arrêt de la Cour de cassation peut être une aide à ce
travail de deuil - souvent empêché par "l’absence de place donnée à
ces morts" - ils regrettent la "confusion" créée "en
appelant enfant et parents ceux qui n’ont pas pu l’être".
"L’inscription à l’état civil
avant 22 semaines entretiendrait le trouble" entre embryon, fœtus et
enfant. Or, la distinction est nécessaire pour préserver la recherche
sur l’embryon et l’avortement : "Cette distinction entre embryon,
fœtus et enfant viendrait garantir le fait que la société autorise
l’inscription symbolique de la fin d’une grossesse survenue avant 22
semaines sans remettre en question le principe d’une recherche sur les
embryons conçus in vitro et l’interruption volontaire de grossesse
jusqu’à 14 semaines."
Et ils concluent que "de
l’embryon à l’enfant, il y a un continuum marqué par des étapes qu’il
convient de respecter "…