La
décision de la Cour de cassation qui, par trois arrêts rendus le 6
février dernier (cf.
Synthèse de presse du 07/02/08), permet à tout enfant né sans vie
d’être déclaré à l’état civil, "n'en finit pas de faire des vagues",
d'autant plus qu'ils ont "une portée à la fois médicale, juridique,
éthique, sociale...".
Le Collège
national des gynécologues et obstétriciens (CNGOF) a estimé hier,
contrairement à la Cour de cassation, que "les pertes fœtales de
moins de 22 semaines ne devraient pas être concernées" par les
inscriptions à l'état civil, retenant ainsi le niveau de développement
définissant la viabilité fixé par l'Organisation mondial pour la santé
(OMS). Le CNGOF appelle par ailleurs le législateur à adopter une loi
précise à ce sujet et précise que "la définition de l'âge de
déclaration de naissance à l'accouchement ne doit pas interférer avec le
droit reconnu à l'interruption de grossesse jusqu'à 14 semaines ni avec
celui d'interruption médicale de grossesse qui peut intervenir sans
limite de terme".
De son côté, le
gouvernement réfléchit aux éventuelles conséquences de cette décision
jurisprudentielle, même si, a priori, selon La Croix, "cela
ne devrait pas changer grand chose". Premièrement, la plus haute
instance juridique du pays n'a pas remis en cause la notion de viabilité
mais a seulement rappelé que la loi ne subordonnait pas la déclaration à
l'état civil à un âge ou un poids. Deuxièmement, les législations
sociales accordent certaines prestations sous condition de viabilité.
"On
ne voit donc pas pourquoi l'arrêt de la Cour, qui porte uniquement sur
les conditions d'inscription à l'état civil, empiéterait sur les règles
définies dans le code de la Sécurité sociale, qui ont pour objet le
versement de prestations", conclut le quotidien, en soulignant
toutefois un éventuel conflit entre le code civil et le code de la
Sécurité sociale. Pour l'un des experts gouvernementaux chargés du
sujet, ce conflit n'a pas lieu d'exister puisque "il y a les droits
de l'enfant d'un côté" et "les droits des parents de l'autre".