Le
Monde revient sur la campagne législative qui vient de se lancer en
Italie avec pour toile de fond l'avortement. Le débat sur l'avortement
fait suite à une déclaration de Silvio Berlusconi dans laquelle il se
montre favorable à l'idée - lancée le mois dernier par Giuliano Ferrara,
directeur du quotidien Il Foglio (cf.
Synthèse de presse du 07/01/07) - d'un moratoire sur l'avortement
(cf.
Synthèse de presse du 13/02/08). Mais, quelques heures plus tard, le
leader de la droite italienne a déclaré que "l'avortement est une
question qui regarde la conscience de chacun, il n'est pas bien qu'elle
entre dans le cadre de la campagne électorale".
Mercredi 13
février dernier, la polémique a pris un nouveau tournant après que des
policiers aient interrogé une femme ayant avorté, suite à une
dénonciation anonyme et selon laquelle cet avortement avait été pratiqué
hors des délais légaux de 24 semaines. Selon les médecins de l'hôpital
Frederico II de Naples, cet avortement thérapeutique était tout à fait
légal : "le fœtus présentait une altération chromosomique" et la
patiente était munie d'"un certificat psychiatrique autorisant
l'intervention".
Fin février, le
Conseil supérieur de la Santé italien devrait rendre ses avis sur le
statut du fœtus et sur la pilule RU486 (interdite en Italie).
En Espagne
aussi, le débat autour d'une réforme de la loi sur l'avortement est au
cœur de la campagne pour les élections législatives, prévues le 9 mars
prochain. Les évêques ont à plusieurs reprises invité les électeurs à
voter pour les partis et les programmes "compatibles avec la foi et
les exigences de la vie chrétienne", dénonçant certaines lois
portant atteintes aux "droits fondamentaux des citoyens" et au "bon
sens". Le 30 décembre dernier, plus d'un million de personnes
s'étaient rassemblées, à l'appel de l'Eglise, pour "défendre la
famille chrétienne attaquée par le fondamentalisme laïc".
Rappelons qu'en
décembre 2007, des cliniques barcelonaises ont été accusées de pratiquer
des avortements illégaux (jusqu'au huitième mois - cf.
Synthèse de presse du 05/12/06) ; à Madrid, deux cliniques ont été
fermées pour les mêmes raisons et une vingtaine de femmes qui y avaient
avorté se sont présentées devant un juge en tant que témoins. Du 8 au 12
janvier 2008, des cliniques privées pratiquant des avortements ont fermé
pour réclamer "une plus grande protection juridique des femmes et des
professionnels". En Espagne, l'avortement est autorisé en cas de
viol, de malformation fœtale ou de danger pour la vie de la mère
(cette-dernière raison étant invoquée dans 97% des 90 000 avortements
pratiqués chaque année). La plupart de ces avortements sont pratiqués
dans des cliniques privées, les professionnels de santé pouvant invoquer
l'objection de conscience.
En France,
selon un sondage IFOP réalisé pour l'hebdomadaire La Vie, les
catholiques pratiquants ne sont plus que 60% à faire confiance à Nicolas
Sarkozy. Selon Jean-Pierre Denis, directeur de la rédaction de La Vie,
ils sont "gênés" par "l'approche libérale du président de la
République sur certains dossiers, comme l'euthanasie ou la bioéthique".