En
novembre 2007, l'équipe du Pr Shinya Yamanaka (Université de Kyoto)
annonçait avoir réussi à reprogrammer des cellules adultes de peau
humaine, en y introduisant quatre gènes (Oct4, Sox2, klf4, c-myc), en
cellules souches pluripotentes, c'est-à-dire capables de se différencier
en tous types de cellules du corps humain (cf.
Synthèse de presse du 21/11/07). Néanmoins, quelques questions
restent en suspens, auxquelles il est nécessaire de répondre avant
d'utiliser ces cellules iPS (cellules souches pluripotentes induites) en
thérapie cellulaire ; la principale étant de savoir s'il est possible de
remplacer le rétrovirus potentiellement tumorigène.
Dans une étude
publiée dans la revue Science en ligne, l'équipe de Shinya
Yamanaka rapporte de nouveaux progrès dans les cellules souches
pluripotentes induites. A partir de cellules épithéliales du foie ou de
l'estomac de souris adulte, les chercheurs ont réussi à générer, avec la
même méthode d'insertion rétrovirale, des cellules souches pluripotentes
induites. L'oncogène Myc jouant cette fois un rôle mineur dans
l'induction des cellules, les souris implantées avec les cellules iPS-Hep
(iPS-Hepatique) ou iPS-Stm (iPS-Stomac) ne développent aucun tumeur
pendant un suivi de six mois.
Selon les
auteurs : "cette étude démontre que les 4 facteurs de transcription
ont reprogrammé avec succès des cellules somatiques différenciées.
(...) Nous montrons de plus que la production de cellules iPS-Hep et
iPS-Stm ne requiert pas l'intégration rétrovirale en des sites
spécifiques. Cela suggère qu'on pourrait produire des cellules iPS avec
des méthodes de transfert génique exemptes d'un mécanisme d'intégration
pouvant entraîner des tumeurs après transplantation chez les patients".
Par ailleurs,
notons que, après l'équipe de Shinya Yamanaka et celle de James Thompson
(Université du Wisconsin), une troisième équipe, dirigée par Kathrin
Plath (Université de Californie), a réussi a reprogrammer des
fibroblastes de peau humaine en cellules souches pluripotentes.