Dans
Le Figaro, Jean-Frédéric Poisson, député des Yvelines et
vice-président du Forum des républicains sociaux, revient sur la
décision de la Cour de cassation qui, par trois arrêts rendus le 6
février dernier, permet à tout enfant né sans vie d’être déclaré à
l’état civil (cf.
Synthèse de presse du 07/02/08).
Rappelons que, jusqu’à présent,
seuls les enfants mort-nés répondant aux critères de l’Organisation
mondiale de la santé (OMS), c’est-à-dire âgés de plus de 22 semaines et
pesant plus de 500 grammes, étaient reconnus.
Par ce jugement, la Cour de
cassation affirme, premièrement, que l’OMS "n’est pas un organe
compétent en matière juridique, et que le simple fait de suivre ses
recommandations ne peut suffire à établir le droit". Le droit
rappelle ici à la médecine et à la science que leurs conclusions n’ont
pas force de norme…
Deuxièmement, par cette
jurisprudence, la Cour de cassation "reconnaît implicitement que la
qualité d’enfant n’est pas liée à la capacité de naître, ni à la
viabilité, mais d’abord à l’existence dans le ventre maternel puis à la
relation qui unit cet enfant à ceux qui l’attendent". "L’appartenance
à l’humanité, même faible, même interrompue avant terme, ne peut pas
être traitée comme si elle n’était pas", poursuit Jean-Frédéric
Poisson.
Réalités évidentes. Pourtant, la
décision de la Cour de cassation provoque l’habituelle farouche levée de
boucliers rencontrée dès que l’on ose suggérer que l’enfant non né est
un enfant où que l’on évoque la douleur des familles qui ont perdu un
enfant non né.
En déclarant que l’enfant non né
est un être humain à part entière, la Cour de cassation affaibli les
arguments utilisés pour tenter de justifier l’avortement, le principal
argument invoqué étant de déclarer la non humanité de l’enfant non né.
"Cette réaffirmation semble gêner les "jusqu’au-boutistes" de
la loi Veil, qui lui donnent habituellement une portée qu’elle n’a pas,
et que son auteur n’a jamais revendiquée", note Jean-Frédéric
Poisson. Les arrêts de la Cour de cassation ne font que rappeler le
droit en se référant au code civil, sans remettre en cause la loi de
1975.
Pourtant, ils fragilisent les
"défenseurs prosélytes de cette loi" qui font peser sur l’homme,
notamment in-utero, le doute de sa propre humanité. Ces arrêts
obligent ainsi ceux qui affirment "que l’être humain n’est pas humain
dès sa conception" "à rendre compte de leur opinion, par des
moyens plus sérieux et plus établis que ceux qui sont habituellement
utilisés ".