Geneviève
Delaisi de Parseval, psychanalyste et spécialiste de l'assistance
médicale à la procréation (AMP), a accordé une interview au journal
Le Monde sur la gestation pour autrui (GPA).
Elle rappelle que 10 000 bébés ont
été conçus en ayant recours aux mères porteuses aux Etats-Unis depuis 20
ans. Aujourd'hui, explique-t-elle, la fonction maternelle peut se
répartir en 3 femmes distinctes : "la mère d'intention (qui
élèvera l'enfant), la mère "génétique" (qui donnera l'ovocyte si
besoin est) et la mère gestatrice". Ces nouvelles méthodes de PMA
vont se développer, explique-t-elle, car "personne aujourd'hui ne
supporte l'infertilité. Pas plus les médecins fivistes que les couples
parentaux".
Elle estime qu'en matière de
législation la France est très en retard et qu'il est urgent de
légiférer sur cette question des mères porteuses. Selon ses expériences
cliniques, il n'existerait pas plus de risques psychologiques pour
l'enfant issus d'une GPA que dans d'autres formes modernes de
procréation, tels que le don d'ovocyte ou "l'accueil d'embryon".
A la question de savoir si l'on
trouvera suffisamment de mères porteuses pour accepter une telle
mission, Geneviève Delaisi de Parseval explique : "ce sont souvent
des femmes généreuses qui mettent en œuvre, à travers ces gestations un
processus de réparation. De plus [...] elles adorent être
enceintes. Il est donc probable [...] qu'elles s'accompliront
dans une GPA".
Pour conclure, elle explique
qu'"une nouvelle forme de parenté est en train de se construire sous
nos yeux : une famille qui n'est plus seulement de sang ni même
d'héritage".