Dans
un arrêt rendu hier, mercredi 6 février, la Cour de cassation a jugé
qu'un fœtus né sans vie (après une mort in utero ou une
interruption médicale de grossesse) peut désormais être déclaré à l'Etat
civil, quels que soient son poids et la durée de la grossesse. Cette
décision fera jurisprudence et devrait "inciter le législateur à
faire une loi", espère Alain Legoux, avocat général de cette
affaire.
Cette affaire a
été portée en justice par trois familles à qui on avait refusé la
possibilité d'enregistrer à l'Etat civil la naissance de leurs enfants
mort-nés (âgés de 18 à 21 semaines et pesant de 155 à 400 grammes), au
motif que, selon la définition de l'Organisation mondiale de la santé
(OMS) de 1977, un enfant pouvait être dit viable à condition d'être âgé
de plus de 22 semaines ou peser plus de 500 grammes. Les fœtus de moins
22 semaines étaient donc, dans la plupart des cas, incinérés avec les
déchets du bloc opératoire et ceux correspondant à la définition de
l'OMS ne pouvaient bénéficier, depuis 1993, que d'une "déclaration
d'enfant sans vie".
La Cour de cassation a jugé que
la Cour d'appel qui avait débouté les trois familles avait violé
l'article 79-1 alinéa 2 du code civil qui "ne subordonne pas
l'établissement d'un acte d'enfant sans vie ni au poids du fœtus, ni à
la durée de la grossesse".
Cet arrêt renvoie à la question
du "statut du fœtus" déjà posée dans plusieurs affaires comme l'affaire
Grosmangin. La Cour d'appel de Reims avait décidé, en février 2000,
qu'un automobiliste qui avait provoqué la mort d'un fœtus de 8 mois
pouvait être poursuivi. Ce jugement avait été cassé par la Cour de
cassation en juin 2001 (cf.
Synthèse de presse 29/06/01).