Des
chercheurs britanniques de l'université de Newcastle auraient créé un
embryon humain en mélangeant l'ADN de deux femmes et d'un homme, dans la
perspective de prévenir la transmission de certaines maladies de la mère
à l'enfant.
Cette première
a été présentée à Londres la semaine dernière lors d'un débat à la
Chambre des Lords mais n'a pas encore fait l'objet d'une publication.
La technique
utilisée cherche à éviter le passage chez les enfants de mauvais gènes
mitochondriaux, des gènes qui se trouvent à l'extérieur du noyau
cellulaire dans un ovule normal. Les mitochondries représentent la
source d'énergie de la cellule. Si elles sont endommagées, elles peuvent
générer une série de maladies neuromusculaires, des maladies du foie, la
surdité, des attaques ou la cécité.
Les chercheurs
ont utilisé des embryons normaux créés in vitro à partir d'un
homme et d'une femme, qui, elle, présentait des anomalies
mitochondriales. Puis, ils ont injecté à l'intérieur de cet embryon, une
partie du cytoplasme prélevé dans l'ovule d'une autre femme indemne de
toute affection mitochondriale. Les embryons se sont développés pendant
5 jours et ont ensuite été détruits.
Patrick
Chinnery, neurogénéticien qui a participé à l'étude, souligne qu'un bébé
issu d'un tel embryon n'héritera que des caractéristiques de son père et
de sa mère, et que les mitochondries transplantées n'auront aucun effet
sur la personnalité ou l'apparence de l'enfant. Pour lui, le
remplacement de mitochondries défectueuses pourrait devenir une
opération de routine effectuée lors des fécondations in vitro.
D'autres essais sont cependant nécessaires avant d'envisager un
traitement chez l'homme.