La
Croix consacre aujourd'hui un article aux cellules de sang de
cordon, qui ne posent aucun problème éthique mais dont, d'après Marianne
Gomez, les "indications restent, pour l'heure, limitées".
Le quotidien
indique toutefois que ces cellules "servent à réaliser des greffes
dans toutes les maladies du sang : cela va de la thalassémie ou de la
drépanocytose (maladies héréditaires de l'hémoglobine) aux maladies
malignes du sang (leucémies) ou des ganglions (lymphomes), en passant
par certaines maladies génétiques rares ainsi que des déficits
immunitaires et des insuffisances de fonctionnement de la moelle".
Médecin dans le
service hématologie-greffe de moelle de l'hôpital Saint-Louis (Paris),
Agnès Devergie ajoute que "plusieurs milliers de patients en ont
bénéficié" ; "cela marche très bien, que l'on prenne ces cellules
sur un donneur ou qu'on les prélève dès la naissance pour les congeler
dans les banques, en vue d'une utilisation ultérieure".
Lors du
colloque sur les cellules souches adultes qui s'est tenu au Sénat le 22
novembre dernier, Nico Forraz, chercheur à l'université de Newcastle
(Grande-Bretagne), rappelait que, en 2005, il avait isolé "un groupe
de cellules souches très rares à partir du sang de cordon, qui ont la
capacité de former différents types de tissus : sanguin, nerveux,
pancréatique ou encore hépatique".
Grégory Katz-Bénichou,
titulaire de la chaire de bioéthique de l'Essec et vice-président d'Eurocord,
constate qu'"à la différence des cellules souches embryonnaires,
celles issues du sang de cordon ont déjà prouvé leurs capacités
thérapeutiques". "Cette voie de recherche devrait donc être
privilégiée, dans l'intérêt des patients", conclut-il.
La Croix
donne ensuite la parole à Daniel Aberdam, chercheur à l'Inserm, pour qui
"les cellules du cordon ont un potentiel relativement réduit : elles
ne peuvent pas produire tous les types de cellules, contrairement aux
cellules souches embryonnaires et pas dans des quantités suffisantes".
Philippe Menasché, chirurgien cardiaque à l'hôpital européen
Georges-Pompidou (Paris), "travaille avec ces cellules dans certaines
indications cardiaques", mais, d'après lui, "il n'a jamais été
démontré que les cellules issues du cordon pouvaient donner des cellules
de foie, de cerveau ou de cœur".
Pour La
Croix, "en l'absence de réponse définitive, il est indispensable
de continuer à mener des recherches sur les cellules du cordon".