Le
Téléthon 2008 a recueilli 95 200 125€ de promesses de dons pour la
recherche sur les maladies génétiques. En 2007, les promesses s'étaient
élevées à 96,2 millions d'euros.
Vendredi dernier, le professeur
Jacques Testart, directeur de recherche à l'Institut national de la
santé et de la recherche médicale (Inserm) et spécialiste en biologie de
la reproduction écrivait ainsi : "C’est scandaleux. Le Téléthon
rapporte chaque année autant que le budget de fonctionnement de l’Inserm
tout entier. Les gens croient qu’ils donnent de l’argent pour soigner.
Or la thérapie génique n’est pas efficace. Si les gens savaient que leur
argent va d’abord servir à financer des publications scientifiques,
voire la prise de brevets par quelques entreprises, puis à éliminer des
embryons présentant certains gènes déficients, ils changeraient d’avis
[...] On progresse dans le diagnostic, mais pas pour guérir.[...]
Faute de pouvoir guérir les vraies maladies, on va chercher à les
découvrir en amont, avant qu’elles ne se manifestent. Cela permettra une
mainmise absolue sur l’homme, sur une certaine définition de l’homme"
Il regrette que les partisans
de la thérapie génique soient parvenus à imposer "une mystique du
gène" jusque dans l'imaginaire de chacun.
Enfin, dans le livre : "Le
vélo, le mur et le citoyen", il explique : "depuis bientôt deux
décennies, deux jours de programme d’une télévision publique sont
exclusivement réservés chaque année à une opération remarquablement
orchestrée, à laquelle contribuent tous les autres médias : le Téléthon.
Ainsi, des pathologies, certes dramatiques mais qui concernent fort
heureusement assez peu de personnes (deux ou trois fois moins que la
seule trisomie 21 par exemple), mobilisent davantage la population et
recueillent infiniment plus d’argent que des maladies tout aussi
terribles et cent ou mille fois plus fréquentes."
Jacques Testart rappelle
que "cette manne affecte dramatiquement la recherche en biologie
puisque le lobby de l’ADN dispose alors du quasi monopole des moyens
financiers (crédits
publics, industriels, et caritatifs)
et intellectuels
(focalisation des revues, congrès,
contrats, accaparement des étudiants…).
Alors, la plupart des autres
recherches se retrouvent gravement paupérisées". |