Dans
Liberté Politique,
Pierre-Olivier Arduin,
responsable de la commission bioéthique
du diocèse de Fréjus-Toulon, revient sur la question des mères
porteuses. Pour lui, le rapport de l'Office parlementaire d'évaluation
des choix scientifiques et technologiques (OPECST) (cf.
Synthèse de presse du 18/11/08) est "une litanie de
transgressions", mais il y a une chose que l'OPECST n'a pas voulu
cautionner : la légalisation des mères porteuses.
Pierre-Olivier Arduin
rappelle qu'en juin dernier, une mission sénatoriale avait rendu un
rapport en faveur de la légalisation de la gestation pour autrui (GPA) (cf.
Synthèse de presse du 26/06/08).
En France, rappelle-t-il, la pratique des
mères porteuses est interdite. En effet,
dans "l'esprit de notre appareil juridique, la mère est celle
qui a donné la vie". La notion de mère porteuse contredirait donc
nos principes de droit, en particulier ceux d'indisponibilité et de non
patrimonialité du corps humain. En ce qui concerne la mère porteuse, il
démontre en effet que nous sommes dans l'instrumentalisation de la
personne même si celle-ci est volontaire. Par ailleurs, la mère porteuse
s'engageant à "céder l'enfant qu'elle aura porté en posant un acte de
disposition relatif à une personne", on tombe là dans le principe de
la chosification de l'enfant. Et de rappeler que "les choses ont un
prix, l'homme a une dignité, loi fondamentale de notre civilisation,
même pour ceux qui n'ont pas de Dieu". On peut également se poser la
question de la "qualité" du produit négocié dans le contrat :
qu'adviendrait-il si l'enfant était handicapé par exemple ?
Par ailleurs,
Pierre-Olivier Arduin rappelle l'importance de la relation materno-foetale.
Celle-ci est de plus en plus documentée notamment sur sa contribution à
la construction de la personnalité de l'enfant et de sa mère. Il cite
plusieurs experts qui dénoncent le fait que l'on occulte les données
scientifiques sur l'apport de la relation materno-foetale dans la
construction de l'enfant. Rappelons que les sénateurs avaient d'ailleurs
voulu tenir compte de l'importance de cette relation accordant un droit
au remords ou droit au repentir, si la mère porteuse souhaite in fine
devenir la mère éducatrice.
Enfin, Pierre-Olivier
Arduin dénonce le faux parallèle fait entre la GPA et l'adoption. Dans
le cas de l'adoption, les parents viennent au secours d'un enfant déjà
né et orphelin de ses deux parents naturels. Le choix de la paternité et
maternité adoptives "n'est pas à l'origine de l'enfant. Il ne
cause pas son existence, il ne le fait pas fabriquer".
Rappelant que pour
les partisans de la GPA pour qui il suffit d'encadrer la pratique,
Pierre-Olivier Arduin explique que légaliser cette pratique reviendrait
à abattre tout notre édifice juridique. |