La
mission confiée au député UMP Jean Leonetti après la mort de Chantal
Sébire * écarte toute légalisation de l'euthanasie, explique le journal
La Croix qui a eu accès au rapport qui sera remis demain au
Premier ministre.Jean
Leonetti avait été chargé, avec trois de ses collègues (le socialiste
Gaëtan Gorce, le communiste Michel Vaxès et le centriste Olivier Jardé),
d'évaluer la loi de 2005 sur la fin de vie et de faire des propositions.
Après six mois d'auditions, les députés refusent donc toute légalisation
de "l'aide active à mourir" ou même "d'exception d'euthanasie". "La
loi du 22 avril 2005 répond à quasiment toutes les situations",
avait déjà expliqué Jean Leonetti, interrogé sur la question de
l'euthanasie. Quant au suicide assisté, ce n'est pas à la société de
l'organiser, explique la mission.
Les travaux de la mission ont
cependant fait apparaître une profonde méconnaissance de la loi actuelle
à laquelle les parlementaires souhaitent remédier. Ils estiment
notamment qu'il faut clarifier les conditions de "sédation en phase
terminale", car celle-ci n'est pas toujours bien appréhendée par les
médecins.
La mission propose également de
nommer dans chaque région un référent issu des soins palliatifs qui
pourrait être saisi par la famille, le malade lui-même ou les médecins
et qui serait chargé de renouer le dialogue ou de proposer des solutions
concrètes de prise en charge, après avoir dressé un tableau objectif de
la situation. Il serait en mesure de dire "la réalité des choses en
cas d'affaire médiatique", explique Jean Leonetti.
La mission estime qu'il faut
également améliorer la formation des médecins en la matière et défend
notamment la création de chaires universitaires de soins palliatifs. Ces
chaires permettraient d'encourager la recherche dans ce secteur, de
conférer une plus grande autorité à la discipline et de diffuser la
culture palliative à l'hôpital.
Enfin, la mission préconise la
création d'un observatoire de la fin de vie pour évaluer les conditions
dans lesquelles se déroulent les fins de vie en France.
*Agée de 52 ans et atteinte d'une
tumeur incurable, Chantal Sébire avait demandé à la justice, mercredi 12
mars, la possibilité de "bénéficier d’un suicide médicalement assisté"
(cf.
Synthèse de presse du 13/03/08). Sa demande avait été refusée par le
tribunal de grande instance de Dijon le 17 mars (cf.
Synthèse de presse du 18/03/08). 2 jours plus tard, elle était
retrouvée morte à son domicile, après avoir absorbé un barbiturique (cf.
Synthèse de presse du 20/03/08). |