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Synthèse de presse bioéthique du
mardi 02/12/08 |
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La mission Leonetti rend son rapport sur la fin de vie |
La
presse revient largement sur le rapport sur le droit des malades et la
fin de vie remis aujourd'hui au Premier ministre par le député Jean
Leonetti, rapporteur de la mission chargée d'évaluer la loi de 2005
actuellement en vigueur (cf.
Synthèse de presse du 01/12/08). La Croix retrace notamment
les cinq années de discussions qui ont abouti à "une vision française
de la fin de vie".
Aujourd'hui, Jean Leonetti se
prononce contre une légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté
qui, selon lui, posent davantage de "problèmes humains et juridiques"
qu'ils n'en résolvent. D'après lui, le dispositif légal actuel "résout
l'immense majorité" des problèmes rencontrés en fin de vie. "Il
m'a semblé dans ce cas inutile et juridiquement dangereux d'introduire
dans la loi une exception d'euthanasie", conclut le député.
Lorsque la demande de mort émane d'une personne qui n'est pas en fin de
vie, Jean Leonetti affirme que "la loi française n'interdit pas
formellement cette démarche [l'assistance au suicide, NDLR] mais
évite, en interdisant la manipulation des personnes vulnérables et la
provocation au suicide, les dérives que la Suisse constate et tente en
vain de juguler".
La mission s'est, au cours de
ses travaux, rendue aux Pays-Bas et en Belgique où l'euthanasie est
dépénalisée, en Suisse où le suicide assisté est autorisé et en
Angleterre qui a une longue tradition de soins palliatifs. Le rapporteur
constate en premier lieu que "les critères retenus pour obtenir un
droit à la mort sont flous" et que, "à partir du moment où l'on
ouvre un droit, il est difficile de ne pas l'ouvrir pour tous".
Ainsi, aux Pays-Bas, le nombre d'euthanasies clandestines reste élevé ;
en Suisse, un tiers des personnes qui réclament une aide au suicide ne
sont pas atteintes de maladie grave et incurable ; en Belgique, des
malades psychiatriques sont euthanasiés et en Hollande, où les soins
palliatifs ont été développés, "l'euthanasie régresse, car cette
prise en charge diminue considérablement la demande de mort".
La mission aborde aussi la
question complexe de la "sédation terminale" et propose qu'un décret du
Conseil d'Etat l'autorise "non pas pour prolonger artificiellement
une vie, mais pour l'interrompre". Cette "sédation terminale"
permettrait de "baisser fortement le niveau de conscience de la
personne, jusqu'à un endormissement total". Pour Gilles Antonowicz,
ancien avocat de Chantal Sébire et de l'Association pour le "droit" de
mourir dans la "dignité" (ADMD), la "sédation terminale" est "une
euthanasie encadrée".
En conclusion, la mission
recommande "de renforcer les droits du malade, d'aider les médecins à
mieux répondre aux enjeux éthiques du soin et d'adapter l'organisation
de notre système de santé aux problèmes de la fin de vie". Le
rapport insiste aussi sur la nécessité de mieux faire connaître la loi
de 2005 et préconise la création d'un "congé d'accompagnement de fin
de vie rémunéré" et d'un Observatoire des pratiques médicales en fin
de vie.
Président de l'ADMD, Jean-Luc
Romero estime que la mission Leonetti "n'a pas accouché d'une souris
mais d'une souris prématurée" et qu'il ne s'agit que "de poudre
aux yeux et que l'on est très loin de la réalité". L'Association
pour le développement des soins palliatifs (ASP) juge elle que le
rapport Leonetti est "une grande avancée pour promouvoir les soins
palliatifs". |
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© genethique.org |
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Chaque article présenté
dans Gènéthique est une synthèse des articles de bioéthique parus dans
la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les
opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction. |
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L'Express.fr 01/12/08 - Romandie News.com 01/12/08 - Le JDD.fr 01/12/08 - Le
Figaro (Martine Perez, Anne
Jouan) 02/12/08 - Nouvel Obs.com 02/12/08 - Libération
(Eric Favereau) 02/12/08 - La Croix
(Marianne Gomez) 02/12/08 - Yahoo.com 02/12/08 - Le Point.fr
(Marc Vignaud)
02/12/08 |
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mardi 02/12/08 |
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Fin de vie : appel pour une "mobilisation éthique" |
Professeur
d'éthique médicale à Paris-Sud XI, Emmanuel Hirsch revient sur le
rapport Leonetti sur la fin de vie rendu "après des mois de
polémiques habilement fomentées par l'Association pour le droit de
mourir dans la dignité". Selon lui, ce rapport nous demande avant
tout d'appliquer la loi de 2005 et de "dégager les moyens
indispensables à une approche enfin digne des réalités humaines et
sociales en fin de vie", "faute de quoi, d'autres modèles seront
promus, comme celui de la Belgique, qui, en quelques années, a banalisé
les pratiques de l'euthanasie jusqu'à les appliquer à des personnes
atteintes d'Alzheimer ou de maladies psychiatriques, voire en salle
d'opérations afin de prélever les organes à des fins médicales ou
scientifiques".
Emmanuel Hirsch dénonce ensuite
"la revendication, par certains, de l'euthanasie pour mettre fin aux
"vies indignes d'être vécues"", "idéologisation d'une liberté
ultime, affirmée dans le recours à la mort médicalement administrée"
qui bafoue à la fois "les combats menés par les personnes malades et
leurs proches afin d'être reconnus dans leur aspiration à pouvoir enfin
vivre leur vie en société sans discriminations" et les "fondements
même de la démocratie", nous livrant "aux dérives d'une évidente
barbarie".
Comment tolérer le "discours
de quelques beaux esprits qui proclament comme une conquête morale
l'urgence de dépénaliser l'euthanasie, sans consacrer la moindre
attention à ceux, plus vulnérables que d'autres, qui éprouvent de tels
arguments comme une injure, une imposture, l'insupportable manifestation
d'un rejet qui révoque leur humanité même" ? Les tenants du suicide
médicalement assisté "confortent les logiques de l'indifférence, du
renoncement ou de l'abandon et justifient ainsi les relégations de nos
malades aux marges de la cité, dans un état de précarité et d'errance
chroniques, au domicile ou dans des institutions vécues comme des lieux
de ségrégation".
"Il nous faut
résister aux figures imposées d'une culture de la mort digne, repenser
et refonder les solidarités indispensables à une vie en société digne
d'être vécue jusqu'à son terme" ; affirmer que "l'existence, la
dignité et les droits des personnes malades ou handicapées valent mieux
que les débats indécents qui tentent d'organiser les conditions de
gestion de la mort des plus vulnérables" et "conférer un espace
d'expression publique à la réflexion consacrée au sens de la vie, à la
valeur des combats de vie menés par les personnes malades et leurs
proches".
L'auteur en appelle enfin à "une
mobilisation éthique" qui "concerne les fondements de la vie
démocratique et sollicite une dynamique de la responsabilité partagée,
un engagement auprès de celles et de ceux qui attendent de notre société
d'autres réponses que la solution finale d'une mort assistée".
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dans Gènéthique est une synthèse des articles de bioéthique parus dans
la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les
opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction. |
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Le Figaro (Emmanuel Hirsch)
02/12/08 |
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lundi 02/12/08 |
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"Garder la mort au cœur du système" |
Membre
de la Commission nationale d'éthique de Suisse, Bernard Kiefer revient
sur la récente étude révélant qu'un tiers des personnes ayant recouru à
l'assistance au suicide en Suisse entre 2001 et 2004 ne souffraient pas
d'une maladie grave ou incurable (cf.
Synthèse de presse du 05/11/08) pour dénoncer "le manque
de surveillance dont font l'objet les organes de suicide assisté".
"Dans le vide
juridique actuel, tout est permis", souligne l'auteur, rappelant que
l'organisation Dignitas a déjà essayé les sacs sur la tête et l'hélium
pour "aider" ses clients à se suicider... D'après lui, "dépourvue
d'intérêt économique, la mort n'est plus un enjeu de domination" et
la société toute entière tend à n'opposer à la mort que de
l'indifférence. Mais pour Bernard Kiefer il est essentiel de "garder
la mort au cœur du système social" parce que c'est "dans le
regard collectif que se définit l'humain". Il en appelle à s'élever
contre le suicide assisté avant qu'il ne se transforme "en vaste
programme de disparition des exclus". |
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Le Temps (Bernard Kiefer)
25/11/08 |
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Le Mexique se dote d'une loi sur la fin de vie |
Le
Congrès du Mexique a approuvé un projet de loi autorisant les patients
en phase terminale à refuser certains traitements curatifs. Des comités
de bioéthique seront chargés de répondre aux demandes des malades ou de
leur famille, justifiées par un pronostic de vie inférieur à six mois.
Le texte ne légalise ni l'euthanasie, ni le suicide assisté. Il revient
maintenant au président Felipe Calderon de signer ce projet de loi, déjà
en vigueur dans la capitale depuis 2007. |
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Life News 25/11/08 |
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Nouveau processus de reprogrammation |
En
Corée, l'équipe du Pr Kang Soo-Kyung (Université nationale de Pusan) a
annoncé avoir réussi à reprogrammer des cellules de graisse humaine en
cellules pluripotentes (cellule iPS) en utilisant des molécules
synthétiques. Cette technique permettrait d'éliminer les risques liés au
transfert de gènes et à l'utilisation de virus auxquels les chercheurs
ont recours dans le processus habituel de reprogrammation des cellules.
Par ailleurs, pour la première
fois en Espagne, une équipe de la Fondation Pedro Cadavas et de
l'hôpital universitaire La Fe de Valence a réalisé une greffe de deux
bras entiers sur un jeune homme de 28 ans.
Des chercheurs de l'Université
Ziekenhuis Antwerpen (UZA), en Belgique, ont annoncé avoir réussi à
mettre en culture et à transplanter du tissu cornéen issu de cellules
souches du limbe cornéen. Cette transplantation améliorerait la vue du
patient au bout d'une semaine. |
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BE Corée 01/12/08 - Be Espagne 24/11/08 |