Sur
le site Internet de son diocèse, le cardinal Ricard, archevêque de
Bordeaux, revient sur le "drame humain de Mme Chantal Sébire" et
la question posée aux politiques et à l'opinion publique : "faut-il
aujourd'hui aller plus loin [que la loi Leonetti, votée à
l'unanimité en 2005, NDLR] en confiant à une haute autorité la
possibilité d'autoriser des médecins à aider à mourir des personnes dont
la situation physique et psychique serait particulièrement dramatique".
Pour Mgr Ricard,
dépénaliser le fait de donner la mort introduirait un profond
bouleversement, dans la mesure où toute notre législation et notre
éthique médicale se fondent sur le respect de la vie. "Est-il
possible à une haute autorité de juger vraiment la gravité plus ou moins
grande des situations ? Qu'en est-il des souffrances morales ? Qui peut
se prononcer avec autorité en ce domaine ?", interroge-t-il.
Ensuite, "n'y aura-t-il pas toujours une demande pour élargir les
conditions d'une réponse positive", comme c'est le cas en Belgique ?
Pour lui, si on entre dans la voie d'une dépénalisation de l'acte de
donner la mort, même encadrée, on risque de se diriger rapidement vers
une généralisation de l'acte, comme ce fut le cas pour l'avortement. Et
si l'euthanasie devait se généraliser, "ne risque-t-on pas de la voir
utilisée pour de toutes autres raisons que celles qui sont aujourd'hui
évoquées", comme le coût financier ?
Enfin, il appelle au
développement des soins palliatifs, "enjeu à la hauteur des
véritables exigences humanistes de notre société".