Le
Figaro revient sur l'étude
menée par Henri Leridon et Rémy Slama de l'Inserm, sur le recours de
plus en plus fréquent aux méthodes de procréation médicalement assistée
(PMA), lié au recul de l'âge de la première maternité
(cf. Synthèse de presse du 25/04/08).
Alors qu'un couple
sur cinq pourrait bientôt être concerné, rappelons que les fécondations
assistées restent des techniques difficiles à supporter pour les femmes.
Elles représentent par ailleurs un surcoût important pour la société et
des risques de naissances d'enfants très prématurés. Ces résultats sont
publiés dans la revue Human Reproduction d'avril.
Depuis une quinzaine
d'années, les chercheurs constatent une détérioration de la
fertilité masculine dans les pays industrialisés qui serait liée aux
facteurs chimiques. Il pourrait en résulter une baisse de 15% de la
fécondabilité des couples, c'est à dire la capacité mensuelle pour un
homme de concevoir. Du côté des femmes, elles ont aujourd'hui leur
premier enfant vers 28-29 ans alors que dans les années 1970, c'était
autour de 24 ans.
En tenant compte de
ce facteur de fécondabilité pour les hommes et d'un désir de grossesse
retardé de 30 mois, voire de 69 mois (près de six ans) par rapport à une
valeur initiale de 25,1 ans des filles en 1968, les chercheurs ont
montré que "le nombre d'enfant par femme passerait de 2,00 à 1,92 si
la fécondabilité diminuait de 15%, et il ne serait que de 1,77 si toutes
les femmes reportaient leur première tentative de grossesse de 6 années.
L'âge moyen à la maternité serait alors de 33 ans".
Par ailleurs, ces
techniques de PMA perdent de leur efficacité dès 35 ans et, à 41 ans, il est
recommandé en France d'arrêter les fécondations in vitro. Les chercheurs
concluent : "avant 35 ans soyez patients, après 35 ans devenez
impatients."
Le professeur
François Olivennes, expert en procréation médicalement assistée, rappelle,
dans un ouvrage intitulé "N'attendez pas trop longtemps pour avoir un
enfant", que le temps de la fertilité réelle durant lequel la femme
peut avoir des enfants est plus court que la période durant laquelle la
femme a des cycles menstruels. "La fertilité est optimale jusqu'à 36
ans, puis elle décroit progressivement jusqu'à la quarantaine pour
chuter dangereusement à partir de 40 ans...".
Pour lui, "il faut lancer des campagnes [...] rappelant
que les femmes doivent penser à faire des enfants avant 40 ans si elles
en veulent".