Selon
une étude publiée dans PNAS, les familles chinoises, indiennes et
coréennes qui vivent aux Etats-Unis présentent un déséquilibre des
naissances en faveur des garçons lorsque leurs deux premiers enfants
sont des filles. Dans ce cas, elles ont 1,5 fois plus de garçons que les
familles d'origine européenne. Rappelons qu'en Chine, ce même chiffre
était de 2,2 en 1990 et de 1,39 en Inde en 1997.
Ce déséquilibre
résulte de l'utilisation de l'échographie qui "a presque doublé entre
1989 et 1999 chez les femmes asiatiques non japonaises, beaucoup plus
que chez les femmes d'origine européenne", ajouté au fait qu'aux
Etats-Unis l'avortement sur simple demande de la mère est légal jusqu'à
la 24ème semaine de grossesse (ajoutons qu'il est moins coûteux
d'avorter juste après une échographie)... A cela s'ajoute encore le fait
que des cliniques spécialisées dans la détermination du sexe ont vu le
jour outre-Atlantique et que certaines sociétés proposent désormais sur
Internet un diagnostic du sexe du bébé dès la sixième semaine de
grossesse à partir d'une goutte de sang.
Ce déséquilibre
pourrait donc s'amplifier dans les années à venir et ce, d'autant plus
que, comme l'explique Isabelle Attané, chercheur à l'Ined et auteur de
Une Chine sans femmes, "la destruction des fœtus de fille
n'obéit pas simplement à des raisons d'ordre économique, les facteurs
culturel ou symbolique jouent aussi un rôle important".