Mise
en place à l'initiative de l'Agence de la biomédecine et de l'Institut
national du cancer, la mission dirigée par le Dr Dominique Stoopa-Lyonnet
(Institut Curie, Paris) a publié, mercredi 9 avril dernier, son rapport
sur les champs d'utilisation du diagnostic ou dépistage préimplantatoire
(DPI).
Le Monde
rappelle que le DPI est une "sélection embryonnaire qui se fonde sur
l'analyse de certains éléments du patrimoine génétique d'embryons conçus
in vitro" et qui permet de ne réimplanter dans l'utérus de la mère
que les embryons non porteurs de l'anomalie génétique recherchée. Selon
la législation française en vigueur, le recours au DPI est possible pour
dépister uniquement des pathologies "d'une particulière gravité"
et "incurables au moment du diagnostic". De fait, cela concerne
des maladies dont on est certain qu'elles toucheront les enfants
porteurs des gènes défectueux.
La question auquel était chargé de
répondre ce rapport était de savoir s'il est possible d'étendre
l'utilisation du DPI à des prédispositions (comme les cancers du côlon,
du sein ou de l'ovaire), c'est-à-dire des pathologies dont il est
probable qu'elles surviennent un jour, comme c'est le cas en
Grande-Bretagne, en Espagne et en Belgique par exemple. D'après les
auteurs de ce rapport, "aucune modification de la loi de bioéthique
n'est nécessaire pour que cette pratique puisse continuer, dès lors
qu'une série de précautions techniques seront prises par les équipes
spécialisées et que les couples concernés seront informés et associés à
la décision".
L'Agence de la
biomédecine a exprimé un "avis favorable" à la lecture de ces
conclusions, les considérant "comme des mesures transitoires pour
répondre aux questions pratiques que posent les conditions d'application
de la loi actuelle". Elle ajoute que ces conclusions ne
préfigureraient pas nécessairement les choix qui seront faits lors de la
prochaine révision des lois de bioéthique, prévue en 2009.