La
Croix revient sur la déclaration signée par sept sociétés savantes
(Société française d'étude et de traitement de la douleur - Sfetd ;
Société française de gériatrie et de gérontologie - SFGG ; Société
française d'anesthésie-réanimation - Sfar ; Société française
d'hématologie - SFH ; Groupe de réflexion sur l'accompagnement et les
soins de support pour les patients en hématologie et en oncologie -
Grasspho ; Association nationale des médecins généralistes exerçant à
l'hôpital - AGHL) dans laquelle elles disent leur opposition à toute
évolution de la loi vers une aide active à mourir. "Nous réaffirmons
avec force que, quels que soient les choix que notre société pourrait
faire dans le futur, donner la mort ne relève en aucune façon de la
compétence du médecin et que nous, professionnels de santé, n'assumerons
pas ce rôle. Cela entrerait en conflit de valeurs avec la mission
fondamentale des soignants médicaux comme non médicaux, qui est bien de
toujours soigner et prendre soin de l'autre et ce jusqu'au bout de sa
vie."
Par ailleurs,
nombre d'associations de malades déclarent ne pas se reconnaître dans le
combat de ceux qui militent pour l'euthanasie. Ainsi, Hélène Boucand,
co-fondatrice de l'Association française des syndromes d'Ehlers-Danos,
ne souhaite pas rentrer dans le débat sur le suicide assisté, alors
qu'une jeune femme, Clara Blanc, atteinte de cette maladie génétique
rare vient de lancer un appel pour la légalisation de l'euthanasie (cf.
Synthèse de presse du 02/04/08). Hélène Boucand plaide en premier
lieu pour une meilleure prise en charge de la maladie. Même priorité
chez Gilles Bonnefond, président des Papillons de Charcot, représentant
les familles touchées par la sclérose latérale amyotrophique : "une
grande majorité des membres revendique avant tout le droit de vivre
plutôt que celui de mourir dans la dignité. (...) Ce que nous
demandons, ce sont des structures d'accueil, des aides psychologiques,
matérielles, tout ce qui peut rendre le quotidien plus supportable".
La Croix
consacre un article à l'Association pour le droit de mourir dans la
dignité (ADMD) qui compte aujourd'hui 45 000 adhérents (versant chacun
une cotisation annuelle de 21 euros). Depuis l'élection de Jean-Luc
Romero à la présidence de l'ADMD, en juin 2007, l'association a adopté
une attitude "plus offensive". Voulant toucher un public "le
plus large possible, plus jeune et plus actif", l'ADMD a, par
exemple, lancé, en janvier dernier, une opération de sensibilisation sur
les marchés : elle a distribué "100 000 cartes pour notre dernière
liberté" à renvoyer aux parlementaires. Rejetant les accusations
d'instrumentalisation, l'ADMD reconnaît toutefois que des cas comme
celui de Chantal Sébire, largement médiatisés, sont "une forte caisse
de résonnance" à leur combat pour l'euthanasie.
Aux Pays-Bas,
premier pays au monde à avoir adopté, en 2001, une loi légalisant
l'euthanasie, le nombre d'euthanasies et de demandes d'euthanasie aurait
diminué depuis l'entrée en vigueur de la loi, le 1er avril 2002. Selon
le ministère de la Santé, cette baisse s'explique notamment par "l'augmentation
des soins sédatifs palliatifs".
Quant au
Luxembourg, le quotidien précise qu'il n'a pas encore dépénalisé
l'euthanasie : si le texte a été voté par la chambre des députés
luxembourgeois le 19 février dernier, un seconde vote est nécessaire.
Ajoutons qu'une
circulaire du ministère de la Santé datée du 25 mars dernier précise les
orientations de la politique des soins palliatifs : elle prévoit
notamment de doubler les capacités de prise en charge.