Des
chercheurs de l'université de Newcastle viennent d'annoncer la création
d'un embryon hybride homme-animal. Ils ont injecté de l'ADN humain,
prélevé dans des cellules de peau, dans des ovules de vache. Il s'agit
d'une première en Europe. Le premier embryon hybride a été créé en 2003
à Shanghaï avec des cellules d'homme et de lapin. Cette nouvelle intervient
en Grande-Bretagne
alors que les députés doivent examiner un projet de loi sur la
fertilisation humaine et les embryons.
L'Autorité britannique pour la fertilisation humaine et
l'embryologie (HFEA) avait toutefois déjà donné son feu vert à la
création de ces embryons, l'assortissant de mesures comme l'interdiction
d'implanter les embryons obtenus dans un utérus maternel et l'obligation
de détruire les embryons obtenus 14 jours après la fécondation. Cette
autorisation n'avait pas été formalisée dans le cadre d'une loi.
Cet embryon hybride a survécu 3 jours en laboratoire, jusqu'à un
stade où il s'était divisé en 32 cellules.
L'objectif mis en avant par les chercheurs est de produire des embryons par
clonage à des fins de recherche sans recourir à des ovocytes humains. D'après, le
professeur John Burn, directeur de l'Institut de génétique humaine de
l'université de Newcastle, le résultat est à "99,9% humain et à 0,1%
animal".
Dans son sermon de
Pâques, le cardinal Keith O'Brien, archevêque de Saint Andrews et
d'Edimbourg, avait estimé que le projet de loi représentait "une
attaque monstrueuse contre les droits de l'homme, contre la dignité et
la vie humaine".
Par ailleurs, lorsque
la Human
Fertilisation and Embryology Authority (HFEA) avait accepté que
certains laboratoires de recherche produisent des embryons hybrides
homme-animal, Mgr Elio Sgreccia, président de l'Académie pontificale
pour la Vie, avait dénoncé "un acte monstrueux dirigé contre la
dignité humaine" et avait demandé à la communauté scientifique de
"se mobiliser"
(cf Synthèse de presse du 06/09/07).