Début février, la Cour de cassation jugeait qu'un fœtus né sans
vie (après une mort in utero ou une interruption médicale de
grossesse) pouvait être déclaré à l'Etat civil, quels que soient son
poids et la durée de la grossesse (cf.
Synthèse de presse du 07/02/08).
En écartant une circulaire de 2001 qui fixait un "seuil
de viabilité" pour l’inscription de l’enfant à l’Etat civil (22
semaines d’aménorrhée ou un poids de 500 grammes), ces arrêts
soulevaient plusieurs questions, sur lesquelles les sénateurs ont décidé
de se pencher.
Que faire si un père qui n’aurait pas souhaité
l’interruption volontaire de grossesse, souhaite inscrire le fœtus sur
le livret de famille ? Une femme peut-elle demander un congé maternité
après une fausse couche de quelques semaines ? Pour le médiateur de la
République, Jean-Paul Delevoye, "il existe actuellement un vide
juridique qu’il faut combler".
Jean-Pierre Godefroy, sénateur socialiste, s’est emparé du
dossier et doit auditionner aujourd’hui le professeur Claude Sureau de
l’Académie de médecine. Parallèlement, un groupe de travail devrait se
mettre en place.
Pour Jean-Paul Delevoye, une des solutions serait de
définir un seuil de viabilité dans la loi. De son côté, la Chancellerie
n’est pas favorable à la voie législative et indique "qu’une
réflexion interministérielle est en cours sur le sujet". Quoi qu’il
en soit, le médiateur insiste pour "reconnaître des droits identiques
à tous les parents dont l’enfant est décédé avant la déclaration de
naissance tout en étant viable".
En effet, aujourd'hui, si le premier enfant d'un couple naît sans vie,
l'inscription sur le livret de famille n'est possible que pour les
parents mariés.