Dans
le journal Le Monde, le professeur Didier Dreyfuss, chef du
service de réanimation à l'hôpital Louis Mourier de Colombes, revient
sur la mort de la comédienne Maïa Simon
(cf Synthèse de presse du 24/09/07).
Il explique qu'il n'est pas
nécessaire d'aller en Suisse "pour avaler un cocktail létal" et
que cette histoire témoigne d'une médiatisation réductrice. Il affirme
ne pas être contre une loi sur l'euthanasie, "à condition qu'elle
stipule que toute personne bien intentionnée est habilitée à la
pratiquer dans un cadre légal défini".
Interrogé sur le cas d'un
patient hollandais, atteint d'un locked-in-syndrome pour lequel
des médecins ont accepté sa demande d'euthanasie, il rappelle, qu'en
France, il serait faux d'affirmer que l'on ne peut rien faire :
"grâce à la loi Leonetti sur la fin de vie, on peut proposer au patient
de le sédater profondément par des médicaments, d'enlever le respirateur
artificiel et d'arrêter les soins actifs, y compris l'alimentation et
l'hydratation". En revanche, il s'interroge pour savoir quelle est
la meilleure des 2 solutions.
Le professeur D. Dreyfuss
reconnaît que la loi Leonetti permet aux équipes médicales d'être plus à
l'aise dans les décisions de limitation des thérapies actives et dans
les relations avec les familles. Il explique que si ce texte permet de
régler la plupart des cas, certaines demandes d'euthanasie demeurent,
"mais on ne peut pas dire que rien n'est proposé".
Par ailleurs, une étude
américaine soutient que la pratique du suicide médicalement assistée en
Oregon et aux Pays-Bas ne cause aucune surmortalité particulière dans
ces états et qu'il n'y a aucun dérapage...