Atteinte
d'un cancer généralisé, la comédienne française Maïa Simon, 67 ans, a
mis fin à ses jours le 19 septembre dernier en Suisse par suicide
médicalement assisté. Elle était membre de l'Association pour le droit
de mourir dans la dignité (ADMD) qui milite pour l'euthanasie.
Pour Jean-Luc Romero,
conseiller régional UMP d'Ile de France et président de l'ADMD, la loi
du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie est
un progrès mais n'est pas suffisante : "nous défendons les soins
palliatifs, mais nous voulons également que soit respectée la liberté de
celui qui veut partir dans certaines conditions".
Le Dr Jean Leonetti, auteur de
cette loi, dresse un premier bilan dans le Quotidien du Médecin.
Il rappelle que son texte a été consensuel au sein du monde politique
mais que la question du suicide assisté "ouvre un débat plus complexe
que la fin de vie".
Au niveau des soins palliatifs,
il constate que la loi est peu connue, peu appliquée et que "la
culture palliative est très insuffisante dans notre pays".
Toutefois, le président de la République a annoncé des engagements en la
matière : doubler les structures de soins palliatifs, mettre en place
une formation pour l'ensemble des personnes qui accompagnent des
mourants et faire une évaluation très objective de la loi.
Il reconnaît que la loi ne
répond pas à toutes les situations et que certains points ont besoin
d'être retravaillés notamment en ce qui concerne le problème des
syndromes végétatifs prolongés et les problèmes de néonatalogie.
D'autres questions demeurent quant à l'application de la loi et
notamment celle de savoir ce que l'on fait quand on a décidé d'arrêter
les médicaments à la demande du malade ou après une décision médicale
collégiale.
Jean Leonetti est favorable à
un débat approfondi permettant de "regarder où sont nos divergences
et comment les problématiques ont émergé après l'application de la loi".
Il reconnaît que si la plupart
des médecins ont compris que la loi impose qu'il n'y ait pas de
souffrance en fin de vie, les pratiques, elles, ne suivent pas. "La
loi sur la fin de vie colle aux valeurs qui sont depuis longtemps celles
qui sont prônées par une médecine humaniste. Quand on applique la
loi, on peut ensuite en voir les failles et l'améliorer",
conclut-il.