Michel
Ghins, philosophe revient dans La Libre Belgique sur la question
des embryons hybrides et s'interroge pour savoir si leur utilisation est
moralement acceptable.
Le 5 septembre dernier, la
Human Fertilisation and Embryology Authority (HFEA) déclarait
qu'elle ne voyait pas "de raison fondamentale d'empêcher la recherche
sur les hybrides cytoplasmiques"
(cf synthèse de presse du 06/09/07). Par ce projet, 2 équipes
universitaires anglaises souhaitent produire des embryons humains
hybrides à partir d'ovules de vaches énucléés afin d'accroître leurs
connaissances sur les cellules souches embryonnaires.
Michel Ghins explique que si un
tel embryon hybride était implanté (ce qui est universellement interdit)
dans l'utérus d'une femme, "il pourrait peut-être (si cette
technique était maîtrisée) se développer jusqu'au stade fœtal et même
donner naissance à un bébé viable, quoique sans doute un peu différent
de nous et probablement handicapé".
M. Ghins rappelle que la
finalité des embryons hybrides est d'obtenir des cellules souches
embryonnaires. Or souligne-t-il "jusqu'ici seules des thérapies
utilisant des cellules souches adultes ont été appliquées - et avec
succès". Enfin, d'un point de vue moral, l'utilisation des cellules
souches embryonnaires nécessite la destruction d'un embryon, c'est à
dire d'un être humain et le recours au clonage implique une stimulation
ovarienne et la destruction de l'embryon obtenu : autant de pratiques
qui posent des problèmes sur le plan éthique. Le recours aux hybrides,
permet de contourner la difficulté liée à la stimulation ovarienne mais
"la présence de l'ADN cytoplasmique augmente les risques de rejet et
rend peu probable l'utilisation thérapeutique des cellules provenant des
clones hybrides."
Pour toutes ces raisons Michel
Ghins estime que l'interdiction de production d'embryons hybrides -
stipulée dans la loi belge - est parfaitement justifiée même s'il lui
semble paradoxal que la fabrication d'embryons humains soit autorisée :"si
l'embryon hybride mérite d'être respecté, ne doit-il pas en aller de
même - a fortiori-pour l'embryon humain?