Dans
un document approuvé par le pape Benoît XVI, la Congrégation pour la
doctrine de la foi a jugé qu'il était moralement condamnable de cesser
de nourrir et d'hydrater les patients en état "végétatif". Elle précise
que l'alimentation et l'hydratation artificielles constituent "un
moyen ordinaire et proportionné de maintien de la vie", qui ne doit
être interrompu sous aucun prétexte par respect pour la dignité des
patients.
Interrogée par les évêques des
Etats-Unis, la Congrégation pour la doctrine de la foi a souligné qu'un
patient en "état végétatif permanent" a "sa dignité humaine".
Lui donner à boire et à manger relève "d'un moyen naturel de maintien
de la vie et non pas d'un acte médical".
Le Saint Siège clôt ainsi le cas
Terri Schiavo, cette américaine dans un état dit "végétatif" depuis 15
ans
(cf synthèse de presse du 3 mai 2005) ,
morte en 2005 sur autorisation de justice, privée de nourriture par son
mari
(cf synthèse de presse du 01/04/05). Le Vatican avait alors parlé
d'un "vrai et réel assassinat".
La Congrégation pour la doctrine
de la foi évoque quelques cas exceptionnels pour lesquels on peut
déroger à ce principe, notamment dans certaines régions très pauvres où
l'alimentation et l'hydratation ne sont matériellement pas possibles ;
"à l'impossible nul n'est tenu".
Même dérogation lorsqu'"en cas de complications, le patient ne
réussit pas à assimiler la nourriture et la boisson". "Leur
administration devient alors totalement inutile" ajoute le document.
"Enfin on n'écarte pas de manière absolue la possibilité que, dans
quelques rares cas, l'alimentation et l'hydratation artificielles
puissent comporter pour le patient une excessive pénibilité ou une
privation grave au plan physique lié, par exemple, à des complications
dans l'emploi d'instruments" fait remarquer le document.
Ces "cas exceptionnels
n'enlèvent cependant rien au critère éthique général, selon lequel
l'administration d'eau et de nourriture, même par des voies
artificielles, représente toujours un moyen naturel de conservation de
la vie et non un traitement thérapeutique. Son emploi devra donc être
considéré comme ordinaire et proportionné, même lorsque l'état végétatif
se prolonge", rappelle le document.
Si l'Eglise condamne l'euthanasie,
elle proscrit aussi l'acharnement thérapeutique.