Dans
La Vie, Jean-Pierre Denis revient sur le feu vert donné par la
Haute autorité en fertilisation et embryologie humaines (HFEA) à la
création d'embryon hybride homme-animal (cf.
Synthèse de presse du 06/09/07), faisant tomber "la barrière qui
sépare l'espèce humaine de toutes les autres".
Il se demande
comment oser critiquer - au risque de passer pour un méchant - une telle
autorisation quand on nous assure qu'elle est motivée par le noble but
de la recherche (et non par l'appât du gain) et que l'on "nous fait
miroiter, même de façon floue, voire manipulatrice, de possibles progrès"
thérapeutiques ? Comment contester les "avancées" d'une "science
spectacle" qui navigue "entre show et business, toujours drapée
de bons sentiments" ?
Jean-Pierre
Denis énumère ensuite les arguments prévisibles, éculés et faciles,
qu'il sait par avance qu'on lui opposera, à lui et à tous ceux qui
auront l'insolence d'essayer de faire entendre leur voix : outre le fait
que ces insolents (notamment les catholiques) seront largement
minoritaires et que "la morale doit se soumettre aux rapports de
force", l'on arguera que nul garde-fou juridique ne peut faire
obstacle à la curiosité humaine et que les pays qui ne se lanceront pas
dans ces recherches sont arriérés et se mettent hors jeu...
Ainsi, si la
création de ces "cybrides" est réellement possible, "on voit mal au
nom de quoi, demain, on pourra dire non aux futures conquêtes, de tabou
brisé en progrès imposé". Dans un monde mû par le seul profit, "l'idée
même que l'on puisse choisir ce qui est bon s'estompe" et d'aucuns
pensent alors que la "loi est inutile", "la résistance vaine".
C'est pour cela qu'il y a quelques jours, Benoît XVI rappelait avec
force, au cours de son voyage en Autriche, que l'homme est capable de
vérité et que la foi chrétienne doit le répéter, non pour se défendre
elle-même, mais pour défendre l'humanité entière.
Le généticien
français Albert Jacquard réagit dans Le Temps à cette
autorisation. D'après lui, "tout est permis quand on fait de la
recherche pour améliorer les connaissances et que l'objectif est bon".
Pour autant, il rappelle qu'il est parfois nécessaire de s'opposer aux
possibilités nouvelles qu'offre la science et que l'homme doit être
capable de résister à la tentation de certaines expérimentations.