Le
Ministère de la Santé lancera, le 15 septembre, une nouvelle campagne -
"La
meilleure contraception, c'est celle que l'on choisit" - pour
initier une nouvelle "culture contraceptive". L'objectif est de
réduire le nombre de grossesse non désirées en promouvant une "contraception
efficace", c'est-à-dire "une contraception choisie et adaptée à
sa situation personnelle et affective". La campagne se compose d'un
film TV avec pour message : "il y a pleins de façons de s'aimer, il y
a plein de moyens de contraception", d'une campagne radio, de la
création d'un site Internet (www.choisirsacontraception.fr),
d'une brochure diffusée à 6 millions d'exemplaires, de l'ouverture d'un
numéro gratuit... Le Ministère prévoit aussi de mener des campagnes
spécifiques auprès des adolescents, des populations vivant dans les DOM,
des professionnels de santé et des relais associatifs.
Cette campagne fait suite au
constat unanime qu'il y a trop d'avortements en France (200 000 par an),
et ce malgré un très large usage des moyens de contraception (la France
a un des taux de contraception les plus élevés au monde). Sur trois
grossesses non prévues, deux arrivent chez des femmes qui déclarent
utiliser un moyen contraceptif et la moitié de ces grossesses se
terminent par un avortement. Pour les chercheurs, cette situation qui
associe à la fois une large diffusion des moyens de contraception à un
nombre d'avortements élevé est "paradoxale". Une étude montre que
la proportion de femmes utilisant des contraceptifs qui avortent est
largement majoritaire puisque seulement 28% des femmes qui avortent
déclarent ne pas utiliser de contraceptifs.*
Selon l'Institut national de
prévention et d'éducation pour la Santé (INPES), le moyen de
contraception le plus utilisé par les Françaises est la pilule (60%). A
propos de la pilule, une étude publiée dans le British Medical
Journal montre que l'usage de la pilule à court terme n'augmente par
le risque de cancer, mais le risque de survenue d'un cancer augmente
avec l'usage de la pilule à long terme. D'après cette étude, les femmes
qui prennent la pilule pendant plus de 8 ans augmente de 22% le risque
d'avoir un cancer.
Afin de prévenir l'avortement, des
parents diffusent un documentaire intitulé "La vie est en nous",
outil d'information qui traite notamment des traumatismes liés à
l'avortement. Chaque jour, une séquence du film est mis en ligne sur
Daily Motion (www.dailymotion.com/video/x2yjsq_la-vie-29-javorte_family).
Le DVD peut aussi être acheté sur
www.lavieestennous.net Cette initiative s'adresse particulièrement
aux adolescents qui pourront y entendre des témoignages de jeunes filles
et jeunes hommes qui ont été confrontés à un avortement.
[* NDLR : Si
les mêmes causes entraînent les mêmes effets, on peut se demander si
développer encore davantage la diffusion de la contraception va diminuer
le nombre d'avortements, puisque la proportion d'avortements par enfants
"non désirés" est plus importante chez les femmes qui prennent une
contraception que chez celles qui n'en prennent pas.]