Libération
revient sur la politique de l'enfant unique en vigueur en Chine et ses
conséquences dramatiques : infanticides, bébés non déclarés, avortements
sélectifs, trafics, corruption, vieillissement de la population,
émeutes, déséquilibre démographique...
La Chine manque
de femmes : il naît 100 filles pour 130 garçons, selon les chiffres
officiels. "Si l'échographie montre une fille, on avorte", résume
un chauffeur de l'île de Hainan. "La seule valeur, c'est un fils",
parce qu'un fils est à la fois une assurance-vie, une assurance
vieillesse et une assurance pour l'au-delà.
Une jeune femme
raconte elle sa "déception" à la naissance de sa fille et ajoute qu'il "va
falloir que j'en fasse un deuxième. Et si c'est une fille, un troisième.
C'est illégal trois enfants. Mais on s'en fiche, de toutes façons on n'a
pas les moyens de payer l'amende" [3 000 yuans (300 euros)]. Ces
gens-là n'ont pas non plus les moyens de corrompre le médecin pour
connaître le sexe de leur enfant. Moyennant finances, le docteur aurait
donné le code : "un sourire pour un garçon, un visage de cire si
c'est une fille, et accordé un avortement thérapeutique".
La politique de
l'enfant unique est devenue une "machine infernale" : sur l'île
de Hainan par exemple, l'avortement est illégal au premier enfant,
encouragé au deuxième et obligatoire au troisième. Au quatrième enfant,
c'est la stérilisation, "souvent forcée"...