
La
branche européenne de la fédération internationale des plannings
familiaux (IPPF) vient de publier un document intitulé « Pourquoi
nous faut-il parler de l’avortement ? » (« Why
we need to talk about abortion »), plaidoyer pour
la légalisation, sans restriction, de l’avortement dans tous les pays
européens.
Selon ce document, sur les 210
millions de grossesses que l’on compte par an dans le monde, 46
millions, c'est-à-dire une sur cinq, se termine par un avortement.
Mais, pour l’IPPF, le
« véritable drame » réside dans le fait que la majorité de la
population mondiale n’ait pas accès à l’avortement dans de saines
conditions. D’après eux, plus de 43% des avortements sont pratiqués dans
des conditions risquées et près de 70 000 femmes meurent chaque année
dans le monde des suites d’un avortement.
L’IPPF revendique l’avortement
comme un droit, droit « intrinsèque » à la « liberté de la
femme » et dénonce les pays européens où le « droit à
l’avortement » est « bafoué » par des lois
« restrictives » comme le Portugal, l’Irlande ou la Pologne où
encore la Slovaquie où l’IPPF regrette que trop de médecins usent de
leur objection de conscience.
L’IPPF rêve d’un « monde
idéal » dans lequel chaque femme pourrait choisir d’avorter et où
l’avortement serait à la fois légal et sûr.
Afin d’encourager l’Europe à
promouvoir l’avortement, le document rappelle que l’Union européenne a
apporté son soutien à la Conférence internationale sur la population et
le développement du Caire de 1994 établissant les stratégies sur la
santé sexuelle et reproductive. L’IPPF souligne que ces objectifs ont
une implication qui dépasse les frontières européennes. L’IPPF appelle
les parlementaires européens à veiller à ce que ces objectifs restent
inscrits dans l’agenda politique des institutions européennes et
nationales.
Par ailleurs, en juillet 2002, le
Parlement européen a adopté, à une large majorité, une Résolution sur
les droits et la santé sexuels et reproductifs qui recommande aux
gouvernements de rendre « l’avortement légal, sûr et accessible à
tous ».
De plus, en octobre 2004,
l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a adopté la Stratégie
européenne pour la promotion des droits et de la santé sexuels et
reproductifs.