Après
plusieurs mois de concertation et deux jours de discussions dans le
cadre du Grenelle de l'environnement, Jean-Louis Borloo, ministre de
l'Ecologie, a annoncé le gel des cultures OGM. Cette mesure devrait être
appliquée pendant les mois d'hiver et jusqu'à l'adoption d'une loi sur
le sujet, prévue au printemps.
Dans son discours de clôture, le
président de la République est revenu sur le dossier OGM. "La vérité
est que nous avons des doutes sur l'intérêt actuel des OGM pesticides ;
la vérité est que nous avons des doutes sur le contrôle de la
dissémination des OGM ; la vérité est que nous avons des doutes sur les
bénéfices sanitaires et environnementaux des OGM. (...) Dans le
respect du principe de précaution, je souhaite que la culture
commerciale des OGM pesticides soit suspendue. Cela en attendant les
conclusions d'une expertise à conduire par une nouvelle instance qui
sera créée avant la fin de l'année."
Pour Yann Wehrling, porte-parole
des Verts et coordinateur du comité de suivi du Grenelle, "annoncer
le gel des cultures en plein hiver, alors que l'on sème au printemps,
cela correspond à dire que l'on arrête de fumer entre deux cigarettes !".
Il craint que le gel annoncé ne concerne que le maïs MON810 (cultivé sur
20 000 hectares) et s'interroge sur les dispositions de la future loi :
par exemple, "garantira-t-elle qu'un agriculteur biologique ne soit
pas contaminé par des plants transgéniques ?".
Stavros Dimas, commissaire
européen à l'Environnement, a par ailleurs refusé la mise sur le marché
européen de deux maïs transgéniques (le BT-11 du suisse Syngenta et le
1507 de Pioneer, filiale de l'américain Dupont), au nom du principe de
précaution. Le commissaire grec a demandé aux autres commissaires
européens de le suivre dans cette première, bien que ces deux maïs aient
reçu un avis favorable de l'Autorité européenne de sécurité alimentaire
(EFSA).