Deux
organisations américaines représentant des professionnels de la
fertilité dont l'American Society for Reproductive Medicine (ARSM),
veulent mettre en garde les femmes contre la congélation de leurs
ovules. "La congélation d'ovules est une procédure à un stade
expérimental trop peu avancé pour qu'on puisse le commercialiser comme
méthode pour permettre à des femmes en bonne santé de prolonger leurs
années de fertilité", a déclaré le Dr Marc Fritz, président de l'ARSM.
Cette
mise en garde a été appuyée par un de leurs homologues canadiens.
Celui-ci a souligné le fait que les femmes sont en bonne santé et font
congeler leurs ovules pour s'assurer une sorte de "police
d'assurance-fertilité", leur permettant de repousser à plus tard une
éventuelle grossesse. En Grande-Bretagne, environ 200 femmes ont congelé
leurs ovules depuis que ce service s'est ouvert, il y a 8 ans.
Ils
souhaitent que les femmes soient averties que cette technique est
nouvelle, qu'on ignore son taux de succès et que la santé à long terme
des bébés issus d'embryons ayant été congelés reste inconnue.
Cette
mise en garde ne concernerait pas les femmes qui font congeler leurs
ovules ou des portions de leurs ovaires parce qu'elles doivent subir des
traitements médicaux, comme la chimiothérapie, qui les rendraient
stériles.
Les
docteurs Jack Huang et Seang Lin Tan, de l'Université Mc Gill
(Montréal), ont analysé 167 grossesses résultant d'ovules surgelés,
décongelés, fécondés puis implantés. 202 bébés sont nés de ces
grossesses. L'incidence d'anomalies à la naissance était de 1,4 % pour
les bébés uniques, et de 5% pour les jumeaux, ce qui serait conforme aux
grossesses normales.