Il
y a un an, 2 chercheurs recevaient le prix Nobel pour la découverte d'un
mécanisme cellulaire impliqué dans la régulation de l'expression
génétique : l'interférence ARN. Les acteurs de ce processus sont des
petites molécules d'ARN capables "d'éteindre" l'activité de gènes
cibles, y compris dans les cellules des mammifères.
Après
cette découverte, des équipes de chercheurs ont utilisé les petits ARN
interférents (ou ARNsi pour "small interfering") pour étudier les
gènes. Cette découverte ouvrait de nombreuses perspectives
thérapeutiques, car ces molécules pouvaient théoriquement bloquer
l'activité de n'importe quel gène.
Or,
au printemps 2006, une étude parue dans la revue Nature
démontrait que l'administration de ces petits acides nucléiques pouvait
s'avérer toxique et entraîner la mort.
Des
chercheurs du Massachusetts viennent de démontrer que, contrairement à
cette précédente étude, l'administration des ARNsi n'est pas dangereuse.
Pour cela, ils ont utilisés des ARNsi synthétisés in vitro. Par
cette méthode, ils ont obtenu la suppression de 80% de l'activité des
gènes ciblés, sans aucun effet secondaire associé et sans modification
de l'expression des micro-ARN endogènes.
Désormais,
les scientifiques peuvent reprendre le développement de stratégies
thérapeutiques fondées sur l'administration d'ARNsi.