Le
prix de Nobel de Médecine a été décerné hier au Britannique Martin Evans
(Université de Cardiff) et aux Américains Mario Capecchi (Université
d'Utah) et Oliver Smithies (Université de Caroline du Nord) pour leurs
travaux.
Martin
Evans, aujourd'hui âgé de 66 ans, a découvert les cellules souches
embryonnaires : au début des années 80, il a démontré leur existence en
isolant et cultivant des cellules de l'embryon de souris capables de se
renouveler et de se différencier.
En 1989,
en utilisant les travaux de Martin Evans, Mario Capecchi et Oliver
Smithies ont mis au point la technique dite du "knock out" pour créer
des souris transgéniques sur mesure, en réduisant au silence un gène
donné. Cette méthode permet aux chercheurs d'observer in vivo,
chez un mammifère, les conséquences de la suppression d'un gène et d'en
déduire son rôle. Depuis, 10 000 gènes de souris ont été ainsi mis en
sommeil.
Cette
technique a aussi permis de créer des souris porteuses d'un défaut
génétique, servant de modèles pour étudier des maladies humaines et
tester des traitements. Aujourd'hui, ce sont plus de 4 000 souris qui
ont été créées, atteintes de mucoviscidose, d'athérosclérose, de
cancers...
Pour
Yann Hérault, directeur du laboratoire du CNRS à Orléans, "ainsi
combinées, les recherches d'Evans, de Capecchi et Smithies ont ouvert
une voie royale pour la connaissance du génome". Le comité Nobel a
rappelé que les découvertes des lauréats sont "appliquées dans tous
les domaines de la biomédecine". D'après le comité, "les
bienfaits pour l'humanité vont continuer à augmenter dans les années à
venir".